Alors, j'ai attendu longtemps ce projet des deux artistes de Seth Ickerman, suite a leur travail sur le clip de Carpenter Brut.
Etant moi meme graphiste 3D pour le cinéma de grosse production, fan de SF a l'ancienne (époque heavy Metal bien pulp et voir mature), j'étais assez impatient de voir ce qu'ils allaient nous proposer.
Leur statut indé leur permettant de sortir des carcants habituelles du monde de la grosse production, ayant une bonne maitrise technique et des idees artistiques novatrices, je n'avais peur que de deux choses: le scénario et la mise en scene....
Et bordel ca n'a pas loupé.
Pour ma part, j'ai eu des frissons lors de LA scene de poursuite spatiale, clairement le money shots si je puis dire. Tres bien rythmée et découpée, sur un theme de Carpenter Brut qui colle parfaitement a la séquence. La direction artistique, la technique, et pour une fois leur integration réel / CGI fonctionne tres bien (a quelques details prets mais soyons indulgents, c'est une petite prod). Franchement chapeau bas pour ce tour de force, ainsi que pour les designs globaux des vaisseaux et du "couloir spatiale".
Par contre, toute l'intro est molle, inintéressante, trés mal montée, mal jouée (comme la fin), les dialogues sont faibles, les protagonistes creux et extrement manichéens.
Et la on touche a un autre GROS point noir du film, tout est fait pour faire briller l'entité cosmique.
Aucune action, aucun personnage ne possede de volonte propre si ce n'est repondre a la demande du film. Ce sont des fonctions. Tout est tres con pour resumer, et ce n'est pas le pseudo message féministe sur l'emancipation et les analogies ultra phalliques qui viendront donner un peu de subtilité a ce bulldozer de betises.
On voit bien que l'orientation des deux createurs est visuelle, au sens propre, de bons artistes mais pour un film de 40/50 minutes, il ne faut pas abuser. Encore sur un court metrage de 10 / 20 minutes il est tres difficile de developper et je comprend la vitrine technique (ayant participé a l'exercice), mais la pas d'excuse.
Au pire s'assister d'un scenariste ou d'un metteur en scene aurait pu transformer l'essai, mais leur égo trip (que l'on peut ressentir sur la fin du métrage) leur a clairement bloqué le succés.
Heureux tout de meme de voir ce genre de demarche dans le petit monde de la prod indé, et curieux de voir leur prochaine production.