Malgré des conditions assez moyennes pour visionner Blow-Up, j’ai été fasciné une heure quarante durant par la poésie dont fait preuve Michelangelo Antonioni. De nombreuses scènes sont d’une beauté à couper le souffle. Que ce soit par exemple la séquence où Thomas développe ses négatifs tout en silence, ou alors quand il les analyse (obsédé par l’idée d’avoir photographié un meurtre), ou enfin quand il assiste à une partie de tennis avec une balle imaginaire, le film est lourd de sens et sait qu’il veut laisser le spectateur avec un sentiment d’ambiguïté.
La dichotomie entre l’existence et l’essence est le sujet principal du film, et on va la retrouver tout au long du long-métrage. Par un morceau de guitare qui perd toute sa symbolique quand il n’est plus une relique lors d’un concert, par cette balle de tennis que l’on entend après l’avoir imaginé : Antonioni nous offre là un film lourd de sens.