Vraiment dommage car ce film avait du potentiel ! Il a un côté sensoriel et poétique très plaisant, à travers sa photographie, son esthétisme, ses jeux de lumière et le travail sur les musiques et le sound design – autant d’éléments intéressants à mettre en valeur pour explorer la vie et l’œuvre d’un Maurice Ravel complexe, antihéros à la fois attachant et exaspérant. La plupart des acteurs campent efficacement leur personnage, et la représentation de la décadence du corps et de l’esprit de l’artiste constitue un angle d’approche intéressant – même si les techniques de vieillissement utilisées pour les différents acteurs s’avèrent peu convaincantes.
Mais il souffre aussi de gros défauts : trop long, trop mou, trop verbeux. A vouloir tout raconter de Ravel, à vouloir explorer d’autres périodes et aspects de sa vie, son parcours et sa psyché, le film se perd dans des détours inutiles, moins marquants et pas ou peu exploités… et il nous perd par la même occasion, au risque de nous plonger dans un profond ennui. "Le Boléro" nous réveille quand même lors de quelques passages plus intéressants et moments de bravoure (souvent lorsque le film revient à son sujet principal – la musique) … mais ça reste plutôt décevant. Pour parler d’un autre film français de 2024 mettant lui aussi en scène le Boléro, je recommanderais davantage "En fanfare" d’Emmanuel Courcol – qui à mon sens constitue un hommage plus réussi à ce monument de la musique classique.