Quand l'indé fait de l'indé pour faire indé...
Vu au Festival de Deauville.
Je parlerais peu sur Booster car c’est un film qui n’est pas richissime. C’est un film qui transpire malheureusement tous les clichés du drame traité par le cinéma indépendant. Et pourtant, il y a vraiment dans ce film une véritable sincérité de cinéma, dans la manière de concevoir le drame et aussi de le filmer.
Booster est un film qui joue avant tout sur ses acteurs, et leurs personnages. Crus mais réalistes, ceux-ci s’avèrent parfaitement fonctionnels, et bien interprétés. Le problème de Booster, c’est plutôt la forme. Le festival de Deauville ayant choisi à terme de s’orienter vers le cinéma indé, on finit rapidement par arriver à saturation, et à rédiger son propre petit guide de comment faire un bon film indé : « alors, bon, déjà faut que ce soit un drame. Parce que ça touche et puis ça fait personnel, genre t’as vécu des trucs et tu veux les raconter. Familial c’est encore mieux. Ensuite, faut prendre des acteurs qui sont pas spécialement beaux, plutôt banals, comme ça, ça fait cinéma réel, vois-tu. Nous parlons de réalité, nous ne sommes pas à Hollywood. Tes acteurs, faut les filmer en gros plan avec une caméra qui bouge. C’est important la caméra qui bouge, ça fait indé. N’hésite pas parfois à ne pas faire la mise au point : une image floue fait auteur, ça donne une signification. Enfin, laisse des dialogues crus, qui la plupart du temps en intérieur seront mixés avec le bruit ambiant d’une cuisine : ça reflète l’enfermement des personnages. Et puis les jumpcut au sein d’une même séquence, ça fait indé aussi, n’hésite pas. »
Certains diront que je suis un peu médisant et que j’exagère, c’est vrai bien entendu. Cela dit, c’est assez symptomatique du film en question. C’est dommage, parce qu’à nouveau c’est un cinéma qui demeure sincère et plein des bonnes idées. C’est juste que là, pour le coup, ça m’a gonflé. Et pourtant le film ne fait que 1h15.