Le film-clé de la génération eurodance. Une jeune Marseillaise monte à Paris dans le rêve de danser aux soirées Dance Machine à Bercy : elle s'introduit par effraction dans la salle mythique et, grâce à ses subtils dons de persuasion, réussit à devenir danseuse d'Ophélie Winter. Mais elle est nulle à chier : alors un danseur qui a raccroché les gants parce que le milieu est pourri, reconverti en agent de propreté des voiries parisiennes, la prend sous son aile et l'aide à perfectionner son art. A côté, Samy Naceri et le sbire de Gérard Darmon dans Mission Cléopâtre enregistrent une demo de hip hop (à chaque scène ils portent un T-shirt ou un hoodie Wu-Tang Clan différent, mais il font du rap comme MC Solaar en 1991). La rencontre de tout ce beau monde et d'un jeune DJ va aboutir à la fondation d'un groupe hybride révolutionnaire accouchant d'un tube novateur (un morceau de rap lambda avec une intro plagiée sur le thème de Mortal Kombat et un refrain pop pourri). S'ensuivent prises de tête, changement de label et autres péripéties plus ou moins extra-musicales. Le rythme mené tambour battant offre une success story décoiffante, parfois au prix de la crédibilité (pourquoi donc l'héroïne se fait-elle renverser par une voiture à Paris et emmener en ambulance à Marseille ?) et de dialogues parfois douloureusement improvisés. L'héroïne est une des plus grandes casse-couilles du cinéma, parasitant tout son entourage pour les forcer à l'aider dans son ascension fulgurante, tout ça pour tout laisser tomber au moins trois fois. Bref, c'est génial.