Tout le film est axé autour d'une scène malaisante, brutale, qui montre frontalement une violence masculine insupportable malheureusement bien trop réelle. Le problème du film, contrairement à ce que l'on pourrait penser à priori, ne vient pas de la crudité de cette scène qui fonctionne comme un coup au foie mais de ce qui nous est présenté avant (l'héritage d'un bowling mettant en tension deux demi-frères, l'un au début vigile, l'autre flic) et de ce qui va suivre, une sorte d’enquête policière sur fond de drame politique et familial. Les incohérences ou facilités scénaristiques sont légions, les personnages (la plupart du temps mal interprétés) sont faussement habités ou caricaturaux, les symboliques trop lourdes,
à l'image de la mauvaise herbe tel le bâtard qui a poussé sur la tombe du père et que le fils "officiel" doit arracher.
Les rôles féminins, à l'exception de la militante éthologue (qui d'un coup d'oeil est capable de voir si un chien va bien ou mal !!!) sont quasi inexistants, victimisés ou mal écrits (voix off sortie de nulle part parlant de démon intérieur par exemple) ce qui, par effet miroir donne trop d'importance à ces hommes moches, sordides, abrutis.
La scène pivot n'existe plus que pour elle même et plutôt que de résonner politiquement, émotionnellement (ce qui est certainement l'intention de départ), ne fait qu'assommer.