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Tomàs Rambo
Dans ma quête des poliziottesco, je tombe sur un Umberto Lenzi avec le non-moins cultissime Tomas Milian, qui, cette fois n'est pas le maréchal Giraldi mais Rambo (si si), Attention rien à voir avec...
le 22 nov. 2022
Négligé, barbu, vêtu d’un jean éculé, d’un bonnet de laine rouge, roulant en moto, Tomas Milian arbore, pour la première fois, le look qui fera son succès dans le genre. Inspiré en partie du personnage de Serpico, il sera, notamment, Nico Giraldi, cette figure policière à l’opposé des commissaires en costume qu’a pu composer Maurizio Merli. D’un côté, le flic justicier aux méthodes expéditives très marqué à droite. De l’autre, le flic assez proche des petites gens au profil très social, plutôt marqué à gauche. L’irruption de ce personnage marginal dans ce film d’Umberto Lenzi ne manque pas de paradoxes. D’abord, il ne tient pas le rôle d’un policier, mais celui d’un personnage solitaire, peut-être ancien flic ou ancien malfrat qui, refusant de s’investir dans une structure encadrée, joue les justiciers solitaires. Son personnage de Rambo (dont le nom vient bien du roman d’André Morrell que Tomas Milian avait lu et souhaiter adapter) ne fait pas dans la dentelle. S’il tente bien, de façon maligne, de monter deux clans de la pègre locale l’un contre l’autre, il n’hésite pas à faire le ménage lui-même, flinguant sans sommation ceux qu’il estime responsables de la mort de son ami.
Comme à l’accoutumée, Umberto Lenzi se montre très à son aise dans ce type de récits. Nerveux, son film enchaîne les scènes d’action maîtrisées entre fusillades, courses-poursuites et exécutions. Tous les thèmes du genre sont conviés avec la question des enlèvements d’enfants à des hommes d’affaires fortunés, la vengeance, la vision d’une police totalement à la ramasse (elle ne fait que compter les morts et encore quand on l’aperçoit), les morts violentes (on appréciera, par exemple, l’exécution façon overdose). Le résultat est particulièrement efficace, d’autant que Tomas Milian n’en fait pas des caisses et qu’Umberto Lenzi n’est pas du genre à saborder son scénario par des sorties de route humoristiques lourdingues. Porté par la musique du toujours très inspiré Franco Micalizzi, l’ensemble file à cent à l’heure et les nombreux seconds rôles sont des habitués de la maison qui connaissent leur partition sur le bout des doigts.
Bien entendu, Umberto Lenzi a été plus inspirés par des récits autrement plus violents que celui-ci. L’esprit chevaleresque de son personnage principal empêche l’ensemble de sombrer dans un long métrage plus noir et le réalisateur semble s’intéresser à des thèmes plus classiques. Ainsi en va-t-il de la difficulté du personnage interprété par le vétéran Joseph Cotten, une sorte de parrain à l’ancienne, à transmettre à la nouvelle génération (son fils en tête) les habituels codes d’honneur. Celle-ci, dépourvue de toute morale, envoie valser les principes moraux, pour n’être que de petites frappes sans envergure, se contentant d’enlèvements d’enfants sans défense. Ce thème, et celui de l’homme de bien qui va et vient en chevauchant sa moto, n’est pas sans rappeler ceux qui font le western traditionnel américain. Soit autant de raisons de s’intéresser à ce titre plutôt sympathique.
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le 16 déc. 2025
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