Je suis un peu mitigée sur ce film, bien qu'il m'ait quand même plu dans l’ensemble.
Il présente des maladresses qui m'ont empêché de lui donner une note supérieure à 7.5, malgré le fait que j'ai adoré le personnage de Emily, dite Shunk. C'est elle la pépite du film, cette pré-ado, un peu dégingandée, craquante à sa façon, qui est féminine et masculine à la fois, qui se cherche, comme beaucoup de gamines de cet âge, et qui flotte entre l'enfance et l'adolescence.
J'espère qu’Éloïse Laurence fera d'autres films, car je pense qu'elle a vraiment de l'avenir dans le 7ème art.


Autrement, je trouve que le film revêt des aspects très intéressants : la sortie de l’enfance et de l'innocence, le thème de la maladie, du rejet de la différence, de la violence, des familles monoparentales (avec des pères, et c'est plus que rare au cinéma).


En même temps, j'ai trouvé qu'il utilise des ficelles un peu grosses, voire des poncifs (comme par exemple l'image de l'église dans la scène finale, utilisée comme symbole du tunnel menant de vie à trépas et dans lequel Shunh hésite).


Les relations entre frère et sœur, entre Shunk et son copain Dillon, sont par contre finement dépeintes.
Shunk et Jed s'adorent mais se chamaillent comme des chiffonniers, comme savent le faire les frères et sœurs à cet âge. Shunh appréhende son entrée au collège et Jed, plus âgé, en profite pour l'en effrayer, lui promettant tout un tas de tortures ou mésaventures qui ne vont pas manquer de lui arriver à la rentrée.
Shunk rencontre Dillon, un garçon de son âge, qui lui aussi est entre deux eaux, orphelin, en attente de départ et d'amour.


L’univers familial est bien rendu lui aussi, avec cette histoire d'amour secondaire entre la nounou et le prof, puis entre la nounou et le père.


Ce qui frappe, au delà de la critique sociale évidente, c'est l'univers assez clos dans lequel vivent ces trois familles. Leurs maisons sont accolées, regroupées autour d'un cour centrale, où se passent les rencontres agréables mais où tout peut dégénérer en une fraction de seconde.
Tout le monde s'épie et les relations de voisinage peuvent tourner au désastre.


C'est une peinture quand même assez sombre de cette Angleterre résidentielle de la middle class, assez repliée sur elle-même, frustrée et agressive, mais où subsistent.malgré tout quelques noyaux de solidarité et d'amour.


7.5/10

Créée

le 25 janv. 2017

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