Bronco Apache par VirginiA
Pas forcément le western qui a le mieux vieilli, notamment quand on voit que les rôles principaux d'Apaches y sont tenus par un Burt Lancaster et une Jean Peters qui ont usé et abusé du cirage pour passer pour des Indiens crédibles.
C'est cependant un des tout premiers westerns pro-indiens (après Broken Arrow) et le premier western pro-indien à se focaliser intégralement du point de vue de la population amérindienne. Le film prend à rebours la construction classique des westerns qui exposent gentils colons blancs vs. méchants Indiens et met en scène une reconquête de l'Ouest un peu désespérée et perdue d'avance par Massai (Lancaster).
A l'issue des guerres indiennes et de la défaite de Sitting Bull, les Apaches sont condamnés à se rendre. L'un d'entre eux (Massai) refuse cet état de fait et s'enfuit du train qui le déportait en Floride dans un dernier effort pour reconstruire sa nation et son peuple. Ce héros est antipathique à bien des égards (il est buté, belliqueux, violent), mais son périple à travers l'Amérique est l'occasion pour lui d'apprendre d'autres façons d'être Indiens et de s'adapter à la présence des blancs.
Surtout, entre le combat désespéré mené par ce héros, la lâcheté de ceux qui collaborent avec les blancs (Charles Bronson très jeune), la faiblesse des autres, l'alcoolisme de certains, on se rend compte que le vrai bad guy de l'histoire, ce n'est pas l'Indien qui s'est rendu, mais l'armée américaine qui les a divisés et affaiblis. Malgré un happy end un peu obligé, ce film est d'un rare cynisme et constituait une prise de position politique assez forte à une époque où on commençait à questionner les politiques indiennes aux Etats-Unis.