Juste avant Vera Cruz, Aldrich s'attelle à la réalisation d'un western potentiellement rebelle en prenant le parti des "Indiens" (simplification du terme d'époque) et faire de Massai un personnage principal (au-delà même de Geronimo) refusant catégoriquement la soumission (un indomptable "Bronco" comme le réduit animalement le titre en VF), le placement dans une réserve et, plus largement, toute forme de domestication par la société blanche. L'arrivée du personnage dans une "ville blanche" après une évasion Houdinesque cristallisera ainsi un véritable moment fort d'observation et d'errance face à ce capitalisme naissant de l'Ouest.
Et c'est là qu'on entre de plain pied dans une fiction quelque peu révisionniste faisant dans sa première partie la part belle aux souffrances des Première Nations chassées de leurs terres et corrompues par "l'eau de feu"... La représentation des Indiens (Apaches mais aussi Cheyenne - enfin un couple très "Américanisé") est ainsi plus nuancée et empathique que celle de nombreux westerns classiques (hormis "La Flèche brisée" ou "La Porte du diable") de l'époque (Aldrich débutant son cinéma de transition qui puisera dans le l'âge d'or pour semer quelques graines - de maïs - du Nouvel Hollywood), même si elle reste fatalement parfois caricaturale.
Plus globalement, l'ensemble colorisé (et iconisés dans les yeux bleus forcément irréels) de son héros) séduit par son énergie, ses paysages et la présence physique d'un affûté Burt Lancaster fatalement grimé (et il n'est pas le seul) par le cahier des charges d'un certaine époque. Mais arrivé dans le dernier acte, le propos initial finit malgré tout par être quelque peu désamorcé via une romance forcée et s'avère quelque peu dévitalisé.
La fin paraît en effet bien trop sage, pas celle qu'Aldrich voulait d'ailleurs : comme un souhait studio de conciliation qui oublie un peu la dure tension de la réalité historique et sédentarise une certaine utopie un brin facile compte tenu de ce qu'on pu subir les Premières Nations.
(Review aussi disponible sur mon https://letterboxd.com/judemelon/ )