Énième film essayant de s'inscrire dans la veine des ambiances si chères aux frères Coen, "Burn" parvient difficilement à maintenir notre intérêt sur la durée malgré des débuts prometteurs...
Pourtant, presque tous les ingrédients sont là pour que la recette fonctionne à nouveau : des personnages plus ou moins pathétiques (une petite frappe, une peste blonde, un flic un peu gauche...), une histoire de braquage qui tourne très mal, une association de tons où les pics de violence, de glauque et d'humour noir se côtoient plutôt bien et, en guise de détonateur à l'ensemble, une héroïne à la psychologie trouble.
En plus d'opter judicieusement pour le format d'un huis-clos dans une station-service (ce lieu de passage permet l'arrivée perpétuelle de nouveaux protagonistes sans trop se poser de questions), la dynamique de "Burn" va donc essentiellement reposer sur notre incapacité à cerner Melinda (excellente Tilda Cobham-Hervey), cette employée dont le caractère souvent imprévisible guide les rebondissements majeurs du film. Cela va d'abord plutôt bien marcher : à la fois lunaire et déviant, le comportement erratique de cette dernière entraîne le récit vers des détours surprenants dont le sommet sera sans doute une séquence vectrice d'un énorme malaise entre elle et le jeune braqueur.
Hélas, à trop vouloir miser sur son héroïne insaisissable, le film va paradoxalement en devenir peu à peu transparent devant la maigreur de ses enjeux. La force d'approche de ce personnage atypique ne pourra plus vraiment faire illusion dans une deuxième partie particulièrement atone où seule l'arrivée d'intervenants accessoires aux principaux (coincés sur un statu quo qui s'éternise) tentera de donner un peu de rythme à l'ensemble. Pas aidé par un flashforward beaucoup trop révélateur en guise d'ouverture (il faut définitivement bannir ce genre de prologue facile et idiot), "Burn" n'aura plus grand chose dans sa besace pour créer la moindre surprise et se conclura avec un dernier acte dont la platitude ne pourra qu'engendrer une relative indifférence.
Tout n'est clairement pas à jeter dans ce premier long-métrage de Mike Gan, on gardera même un oeil sur les prochaines œuvres du cinéaste à l'avenir vu certaines qualités entrevues ici, notamment dans la première partie, mais, avec un casting d'acteurs ayant tenu la vedette dans des films tels que "Detention" (Josh Hutcherson) ou "Assassination Nation" (Suki Waterhouse), autant dire que l'on s'attendait à un résultat digne d'un baril de TNT au milieu des flammes ! On aura eu droit à un petit pétard inoffensif dont le son de la détonation se perdra inévitablement dans le brouhaha général...