Une rareté du cinéma britannique qui marquera les esprits des quelques spectateurs l'ayant vu notamment à l'époque de sa sortie au début des années 80. Burning an illusion est une oeuvre engagée mais ne jouant pas sur la controverse, racontant le parcours de vie d'une jeune femme noire, Pat, d'origine jamaïcaine dans l'Angleterre des années 80. Parcours personnel, sentimental et professionnel même si l'aspect personnel et amoureux prennent plus de place dans le récit; à noter que si les personnages féminins sont tous aussi charmants, les masculins sont à l'opposés, quasi tous des crétins machistes et violents. Le scénario réussi la gageure d'allier le portrait individuel d'un personnage avec un propos plus global sur la condition des femmes dans cette communauté caraïbéenne de Grande-Bretagne avec tout ce que cela implique, c'est-à-dire la précarité des populations récemment immigrées, l'intégration allant de pair avec le racisme systémique presque institutionnalisé, le dilemme entre culture d'adoption et d'origine, ... et franchement tout cela est plutôt bien traité. Le style de mise en scène va au plus simple avec un penchant pour le Réalisme quasi documentaire, le découpage donne un bon rythme à l'ensemble. L'actrice Cassie McFarlane est formidable, une héroïne attendrissante et combattive même si on peut regretter ses goûts en matière d'homme ! Un long-métrage avec plus d'importance culturelle et historique que de qualité strictement cinématographique.