Découvert au Festival de Cannes en 2017 par le biais du percutant "Tesnota, une vie à l'étroit" puis récidiviste avec son deuxième long métrage à nouveau dans la section Un Certain Regard avec le puissant "Une grande fille" (2019), le réalisateur russe Kantemir Balagov retrouve la croisette pour son troisième film "Butterfly Jam". Sept ans de réflexions plus tard, de pandémie mondiale, de résistance au pouvoir russe et d'exil, il revient avec un film au financement français tourné au États-Unis avec un casting international et une atmosphère russe.
Un melting-pot qui explique assurément le changement de tons par à rapport à ses deux premières fictions et un sentiment de récit un peu bancal. Comme cette famille kabarde qui vit à Newark dans le New-Jersey avec Pyteh (le petit) fils de 16 ans pratiquant la lutte subissant le poids d'un père cuisinier dans un petit restaurant aux spécialités tcherkesses tenu par sa sœur.
Le cinéaste filme ces brinqueballés de la vie au plus près avec une caméra mouvante qui capte l'instabilité des relations familiales et amicales.
Les séquences de dialogues sont autant des luttes verbales que sur le tapis victorieux de Pyteh et de ses rencontres atypiques humaines ou plus fantaisiste avec un volatile réfugié.
Un mélange pas toujours convaincant, mais ces instabilités narratives indique la sincère perte de repères de son auteur déraciné, et offre des moments inhabituels qui donnent un certain charme à ce film d'émancipation familiale. Cool et touchant.