Je maudis le 31 décembre 1992, dans cette salle d'un cinéma Marseillais où j'ai été agressé sans sommation et gratuitement par ce vomissement ininterrompu de brutalité sadique et cynique.
Quand Pasolini tourne son chef d'oeuvre monstrueux SALO OU LES 120 JOURNÉES DE SODOME, il poursuit un objectif politique, journalistique et même spirituel : dénoncer le fascisme passé et futur. La violence nue illustre froidement le propos. Son film est conçu comme un cheminement. On sort avec la nausée, le message est passé.
20 ans plus tard, dans cette salOOOperie, quel est l'objectif de nos trois arrivistes, à part propulser leur carrière ? Quel est le propos ? Donner du pain et des jeux du cirque au bon peuple stupide et en profiter pour faire un bon coup médiatique en même temps ? Ca a très bien réussit à Poelvoorde. Je ne lui pardonnerai jamais cette barbarie gratuite sur laquelle il a largement prospéré malgré son allure bonhomme. Quand je lis les commentaires ici et ailleurs, je m'interroge, où est passée la sensibilité ? Qu'en est-il de la recherche de sens ? La proportionnalité entre les moyens mis en oeuvre et les résultats, sont-ils définitivement ringardisés ?