Si le premier m'avait laissée peu convaincue et assez exaspérée par ses côtés profondément nunuches, je ressors du second avec cette envie bizarre de proposer comme unique commentaire un paradoxal "c'est pas mal, mais c'est pas terrible".
Le film surprend en effet par de bons éléments. La gestion de la terreur par exemple, qui, si elle reprend la bonne vieille recette du "méga tension - jumpscare - rechute", propose néanmoins une espèce d'horreur assez esthétique et très efficace, qui fait son petit effet et ne laisse pas ressortir de la salle indifférente. Il ne faut certes pas s'attendre à prendre le coup de flip de l'année, et l'horreur ne gagne pas une expression formelle aboutie. Mais c'est un film qui offre la possibilité au spectateur d'avoir la tête bourdonnante d'images qui MARQUENT (comme déjà celle de la danse du clown dans le premier Ca).
A l'horreur surnaturelle s'ajoute aussi l'horreur la plus frontale : la violence ordinaire, la violence sociale que peut subir une bande d'enfants aux situations familiales complexes et qu'un même sentiment d'isolation réunit, ou encore celle que peut subir un homosexuel qui vit dans une de ces villes reculées états-uniennes.
Mais si le film n'est pas dépourvu d'éléments positifs, leurs pendants négatifs sont tout bonnement affligeants. Le côté niais, qui se justifiait peut-être dans le cadre de la narration de l'amour pré-adolescent -et encore, si seulement le film ne se prenait pas autant au sérieux-, n'a pourtant pas disparu dans sa version mature, et le seul changement apporté par le passage à l'âge adulte des personnages est la réussite sociale dont ils bénéficient apparemment tous... sauf un (on devinera lequel). Avec transition, la gestion du personnage de Mike est particulièrement décevante. Vidé de sa consistance psychologique, il ne devient que le représentant d'un mysticisme peu crédible, ou encore celui-qui-balance-les-répliques-philosophiques-sur-la-vie. Exception faite d'Eddie et Richie sur lesquels repose la charge comique du film, aucun des enfants ne tire un bénéfice narratif consistant de son passage à l'âge adulte. Résultat : l'attachement que l'on avait pour cette bande de gosses se décroche, et le film en devient beaucoup moins jouissif.

IlianaEjm
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le 13 sept. 2019

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Iliana Ejm

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