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Çans merci !
Ça, par exemple… une saga horrifique qui marche aussi bien au ciné et qui provoque autant de hype, je n’imaginais pas connaître cela (on va éviter de mettre trop de « ça » pour des raisons évidentes)...
le 12 sept. 2019
Je tenais absolument à voir ce film pour pouvoir enchaîner sur la série, dans laquelle je place un petit espoir (rendez-vous dans quelques jours pour savoir si j’avais raison ou pas).
Ça est, pour moi, meilleur roman de King : portrait d’une communauté, Derry, qui est la petite ville du fin fond de l’Amérique rurale, avec ses violences, ses préjugés, ses haines, tout ce que King sait si bien décrire (et qui a donné ses meilleurs livres : Bazaar, Dôme…), mais aussi personnification des peurs enfouies, des interdits sociaux, des tabous, de tout ce qui reste dissimulé dans l’inconscient et ne cherche qu’à remonter à la surface durant les rêves ou dans les névroses, le roman est une merveille malsaine, terrifiante, intelligente et passionnante.
Tout ce que n’est pas ce film.
Pour info, je traite ici des deux parties comme constituant un seul film.
La première chose qui saute aux yeux, dès la scène d’ouverture, c’est que le réalisateur ne sait absolument pas faire naître ce malaise, implanter cette ambiance d’inquiétude horrifique qui devrait baigner tout le film. Sans chercher le moindre instant à travailler son atmosphère, il nous plonge tout de suite dans ce qu’il croit être de l’horreur avec une scène qui devrait être fondatrice, l’enlèvement de Georgie. Or, dès le début, faute d’ambiance, nous sommes rejetés loin de ce qui se passe à l’écran, et nous ne nous en approcherons qu’à de trop rares occasions.
Cette scène d’ouverture, faut-il le préciser, bénéficie d’une esthétique plutôt belle, et c’est là un autre défaut majeur du film. Ça, c’est ce qui gît dans les fin fonds de l’horreur, c’est du crade, du sale, du malsain. En travaillant autant son esthétique, Muschietti dévitalise l’horreur, il l’aseptise. Nous savons que nous aurons de belles images, mais rien de ce caractère « dégueulasse » qui fait vraiment l’horreur.
D’autant plus que, finalement, le cinéaste reprend tous les gimmicks déjà surabondants dans les petites productions horrifiques sans âme qui inondent nos écrans, démons en CGI tout moches, jump scores en pagaille, une volonté d’excès jusqu’à la nausée pour masquer son inaptitude à générer l’épouvante…
En bref, nous avons un grand écart entre les prétentieux du film, qui se veut un sommet du blockbuster horrifique, et le résultat franchement médiocre (au point que je me demande si je ne préfère pas, finalement, les petites productions qui, au moins, ne se prennent pas pour des chefs d’oeuvre).
Y a-t-il au moins quelques petites choses à sauver ?
Dans la première partie, le film tente, vaguement, très maladroitement, à assimiler les horreurs de Pennywise avec les traumatismes de l’enfance. Cela fonctionne surtout avec Beverly et son père, cet aspect étant trop superficiellement traité pour les autres personnages (il y aurait eu beaucoup à faire pourtant avec le deuil de Georgie…).
Les acteurs gamins sont plutôt bons et, finalement, les meilleurs moments sont dans le premiers opus, lors des scènes calmes de solidarités et d’amitié entre les protagonistes.
Après une bonne scène d’ouverture, le second opus n’a quasiment rien à sauver, tant il s’inscrit dans une logique de juxtaposition de scènes prétendument horrifiques sans lien narratif entre elles. Le film tourne complètement à vide, montrant que le découpage en partie « enfants » et partie « adultes » est totalement vaine, et qu’il aurait sans doute été préférable de conserver l’organisation du roman.
On pourrait lister les scènes ridicules du second opus, depuis les biscuits chinois qui prennent vie jusqu’à la vieille femme tellement pitoyable.
Quant au casting adulte, malgré la présence d’acteurs généralement solides, il est ici moins bon et moins convaincant que les enfants (ce qui est surprenant de la part d’acteurs dont le talent n’est pourtant plus à prouver).
Seule surprise agréable du second opus, l’apparition de King lui-même, qui joue d’auto-dérision dans la seule scène légère et agréable de l’opus (bon, j’avoue que Bowers adulte m’a bien fait rire également, mais je ne suis pas sûr que ce soit volontairement comique).
Si on additionne ces deux films et Flash, qu’il a réalisé juste après, je me demande si Muschietti n’est pas un des pires cinéastes actuels.
J’espère que la série ne me fera pas autant perdre mon temps.
(P.S. : il va sans doute falloir que je revoie le téléfilm avec Tim Curry en Pennywise, adaptation qui m’avait paru mauvaise mais qui, je pense, ne peut pas être pire que ça).
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Créée
le 6 mai 2026
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