La scène d’ouverture est proprement magistrale : un lent et majestueux travelling observe, en une saisissante contre-plongée, le théâtre d’une cour d’immeuble populaire entourée de balcons où s’affairent les ménagères, la musique dissonante (jazzy minimaliste) de Piero Piccioni ne s’arrêtant que brièvement, au moment où la caméra passe sous une traverse, pour laisser place au cri d’un brocanteur et à quelques échanges verbaux. Le même travelling, inversé, sera repris à la fin, clôturant la journée d’errance du protagoniste à la recherche d’un emploi dans une Rome estivale écrasée de chaleur.
Récemment et magnifiquement restauré, La giornata balorda éblouit d’emblée par la splendeur presque terrassante de sa photo noir et blanc signée Aldo Scavarda et par la virtuosité de la composition des plans .
Ceux-ci célèbrent les beautés conjuguées de l’été, de Rome et des corps de ses jeunes actrices et acteurs. Il y a du Pasolini là dessous.

Chicago
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le 22 janv. 2016

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