J'apprécie beaucoup Clive Barker pour ses univers riches, toujours débordants d'idées et de monstres et on reconnait bien ici cette patte particulièrement énergique qu'un seul film n'arrive pas à contenir. Parce-que oui, le principal problème de "Cabal", c'est son intrigue décousue qui part dans tous les sens, charcutée par un montage privilégiant le rythme à l'univers. Mais même s'il y a une version director's cut sortie il y a quelques années, j'ai préféré commencé par celle-ci afin de découvrir le film dans sa version originale.
Chaque nuit, Boone rêve d'un endroit peuplé de monstres nommés le Midian, ce pourquoi il est suivi par un psy très particulier ; effectivement celui-ci s'avérant être un tueur en série profitant des cauchemars de Boone pour assouvir ses désirs meurtriers. Alors à l'origine, le psy et l'histoire des monstres, que l'on appelle d'ailleurs les Enfants de la Nuit, n'ont pas grand-chose à voir, ce sont clairement deux intrigues parallèles qui mènent Boone au cimetière un peu plus vite que prévu. Mais lorsque l'on regarde le film pour la première fois, on se demande clairement où tout ce bourbier veut nous emmener.
En plus de ça, on voit très clairement que les studios ont, encore une fois, voulu aller au plus vite en mettant en avant les monstres et les scènes d'action. Ce qui fait qu'on se retrouve avec une histoire qui ne fait en réalité que très peu de sens avec beaucoup trop de personnages sous-développés, comme le prêtre dont les apparitions à l'écran sont trop importantes pour être anodines mais trop anodines pour être importantes ; vous voyez où je veux en venir ?
Heureusement, à côté de ça, on sent un univers qui déborde d'idées et d'énergie, à la manière d'un "Hellraiser", Barker y développe ses règles et ses créatures pouvant d'ailleurs être l'analogie des rebuts de la société, comme les minorités par exemple. Sujet qui raisonne d'autant plus dans l’œuvre de Barker lorsque l'on sait que ce dernier a fait un coming out relativement tardif. Ainsi, ici, les créatures ne représentent pas la figure monstrueuse, cette dernière étant représentée par des humains - les "naturels" - comme le tueur en série ou les flics qui jouent aux cowboys dans le cimetière en y prenant un certain plaisir sadique.
Ainsi, malgré un montage catastrophique, "Cabal" est sauvé par l'énergie que son réalisateur y insuffle, son univers particulièrement riche et ses thématiques très intéressantes !