Le fond vert est l'antidote à la réalité qui limitait Breen dans son envie de vivre sa divinité. Là, en tournant l'intégralité de son film ainsi, il peut tout faire et s'empresse de le faire avec cette inconscience et absence de recul sur son propre talent qui le caractérise. Si comme d'habitude il est persuadé de son génie de gourou prophétique, le spectateur reste lui interloqué devant la folie visuelle agressive et maladroite qui l'assaille notamment lors d'un démarrage et d'une fin hallucinatoires qui laissent pantois. Dommage que le milieu soit vraiment trop répétitif dans sa perturbante description d'un hôpital psychiatrique en proie à la folie où erre son personnage de dernier espoir de l'Humanité, d'autant qu'avec le recours systématique au tout fond vert, il semble encore avoir régressé en termes techniques, multipliant les incrustations hasardeuses. Si au final cet opus semble plus mineur en terme d'enjeux démiurgiques après ses délires apocalyptiques précédents, on est quand même dans du 4/5 nanardesquement parlant et dans une expérience hors norme.