Call Me By Your Name est un film magnifique… mais profondément dérangeant. On présente souvent l’histoire entre Elio et Oliver comme une romance. Moi, j’y vois surtout une relation de pouvoir : un adulte charismatique qui mène le jeu face à un adolescent en construction. Oliver souffle le chaud et le froid, manipule la distance, teste, provoque — c’est moins de l’amour que de la prise de possession émotionnelle.
Certains gestes d’Oliver peuvent sembler “mûrs” ou protecteurs, mais l’asymétrie reste énorme. Le film enrobe cette dynamique d’une esthétique sublime — l’été italien, la lumière, la musique — ce qui rend le tout encore plus troublant. On est attiré, puis mal à l’aise, puis à nouveau fasciné.
La plus belle scène, pour moi, arrive à la fin : le dialogue entre Elio et son père. C’est le seul moment vraiment sain du film, une parole d’une tendresse immense, sans jugement ni culpabilité. Une scène qui éclaire toute l’histoire autrement.
Un film splendide, mais qui laisse une vraie zone d’ombre : derrière la beauté, une relation beaucoup moins innocente qu’elle n’en a l’air.