Camino del agua
-
Camino del agua

Court-métrage de Carlos Felipe Montoya (2015)

Nicole a 6 ans et elle vit en Colombie, quelques maisons isolées dans ce qu’on appelle le Páramo (dans les Andes). Elle est à l’intérieur quand sa mère (visible uniquement de dos, fugitivement) lui demande d’aller chercher de l’eau à la source, en précisant bien de l’eau de source, pas celle de la marre qui contiendrait des impuretés. Pour cela, Nicole emporte une bouteille en verre.


En 8 minutes, Carlos Montoya donne pas mal à voir, avec un minimum de moyens et en montrant qu’il a des ressources. On le sent dès le début quand il modifie la focale de la caméra pour faire le point doucement, de loin, sur la maison où Nicole vit avec sa mère. Puis, il joue sur les couleurs en montrant le visage de la petite. Sa peau cuivrée et son air songeur donnent un effet très particulier avec l’éclairage. L’image serait-elle en noir et blanc ? Non car lorsque Nicole sort, on aperçoit l’extérieur en couleurs. Ensuite, le réalisateur exploite bien les paysages de la région où il filme, avec la végétation vraiment particulière (des grosses touffes de plantes avec de longues feuilles vertes), un chemin en rondins de bois qui pourrait inspirer des publicitaires et les lieux où Nicole vient chercher l’eau, non pas magnifiques mais d’un calme qui fait plaisir.


C’est sur le chemin du retour que la fillette va faire une rencontre inattendue qui l’incitera malheureusement à improviser pour tenter de satisfaire sa mère malgré tout. Pour Nicole c’est l’apprentissage de la vie ou chacun chacune fait avec ses moyens pour s’en sortir.


Carlos Felipe Montoya montre donc un petit bout de Colombie, en jouant sur des clichés (le poncho et le bonnet andin de Nicole), selon son inspiration. Nicole et sa mère sont jouées par Nicol Dayana Garzon et Yazmin Garzon (la fille et la mère ?) Peu bavard, ce court métrage illustre une histoire très simple qui sonne comme un conte, avec une chute limpide : gros plan sur la bouteille rapportée par Nicole.


A noter une très belle musique traditionnelle avec chants pour accompagner le générique de fin. Film présenté au Festival International de Berlin en 2015, puis au Festival International du court métrage de Clermont-Ferrand en 2017. Visible sur un DVD intitulé « Colombiennes ».

Electron
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Courts métrages

Créée

le 10 janv. 2019

Critique lue 230 fois

Electron

Écrit par

Critique lue 230 fois

7

Du même critique

Un jour sans fin

Un jour sans fin

8

Electron

858 critiques

Parce qu’elle le vaut bien

Phil Connors (Bill Murray) est présentateur météo à la télévision de Pittsburgh. Se prenant pour une vedette, il rechigne à couvrir encore une fois le jour de la marmotte à Punxsutawney, charmante...

le 26 juin 2013

Quai d'Orsay

Quai d'Orsay

8

Electron

858 critiques

OTAN en emporte le vent

L’avant-première en présence de Bertrand Tavernier fut un régal. Le débat a mis en évidence sa connaissance encyclopédique du cinéma (son Anthologie du cinéma américain est une référence). Une...

le 5 nov. 2013

Vivarium

Vivarium

7

Electron

858 critiques

Vol dans un nid de coucou

L’introduction (pendant le générique) est très annonciatrice du film, avec ce petit du coucou, éclos dans le nid d’une autre espèce et qui finit par en expulser les petits des légitimes...

le 6 nov. 2019