Ce film, je l'ai regardé en me disant que j'allais voir un grand classique du genre horrifique. Un film tellement classique, tellement glaçant pour certains, que je l'ai regardé en m'assurant que personne n'était autour de moi. Empli de curiosité morbide, j'étais de plus motivé par le fait que ce film avait terrifié mon père lorsqu'il était sorti, au point que ça ait été le seul film qui "l'avait traumatisé" selon ses propres mots. Mes attentes étaient au maximum.
Faisant partie de la fin de la génération Z, il me tardait de le découvrir. Je me disais déjà que j'allais rire de mauvais effets spéciaux (ne connaissant pas les scandales autour de ce film) et qu'au final, je n'aurai aucun mal à la regarder. J'AI EU TORT COMME J'AI RAREMENT EU TORT.
Outre les scènes sur les animaux absolument impardonnables de la part du réalisateur, je dois avouer que les scènes de vi0l m'ont bien terrifié. La critique du journalisme extrémiste, je l'avais bien vue, et l'exagération était compréhensible. Mais voilà... c'est pas le cannibalisme qui me faisait le plus peur. Loin de là.
C'est plutôt le côté problématique du réalisateur qui se voyait trop. Les scènes avec les animaux, comme je l'ai dit plus tôt. L'érotisation des femmes "sauvages" qui se baladent nues sans y voir un problème, car c'est leur culture, alors que l'homme occidental essaye d'aller se baigner nu avec elles "juste pour l'expérience". Mais après m'être renseigné sur Deodato, qui a quelques casseroles quant à des violences conjugales qui lui collent au derrière... ouais, les scènes de violences sexuelles sont les plus glaçantes pour moi.
Et je suis obligé de le voir avec les yeux de ma génération, mais... dépeindre des "sauvages" en prétendant vouloir les défendre, et les représenter de façon aussi clichée, ça faisait aussi perdre beaucoup de sens au message que le film essayait de donner. Même si bien sûr je suis d'accord sur ce message : qui est le vrai sauvage ? Nous, société occidentale, avec cette curiosité morbide devenue institution dans les médias, curiosité qui m'a moi-même guidé à regarder ce film (suis-je le problème ?), ou ces sociétés qui tuent, et vi0lent entre elles sans y voir un problème, mais une tradition ?
D'un point de vue réalisation, j'ai été assez sensible au fait de mettre la musique la plus tranquille du monde sur des scènes d'ultra-violence (la signature de Deodato apparemment). Mais les personnages me semblaient trop clichés, la nudité de certains pas nécessaire, juste voyeuriste (je pense à Faye, justement - dont le consentement n'est qu'à moitié respecté par sa propre équipe de tournage, youpi)... ça me stoppe.
Et pour autant... ce film m'a fait flipper. D'où la note positive. Mais juste assez pour passer, car c'est son seul mérite selon moi.