Après une poignée d'oeuvres plus confidentielles, Atom Egoyan revient à un cinéma plus accessible, plus grand public, avec The Captive, présenté au festival de Cannes en 2014.
S'articulant autour d'une intrigue classique à base d'enlèvement d'enfants qui n'est pas sans rappeler des films comme Prisoners ou Gone, Baby Gone, The Captive décide, pour faire preuve de plus d'originalité, de mettre en lumière une nouvelle forme de voyeurisme et de perversité, ce qui aurait pu donner lieu à une oeuvre fascinante et dérangeante.
Manque de bol, The Captive a tout du gros pétard mouillé, ne tenant jamais ses promesses malgré la beauté de son cadre et de ses paysages. En dépit du bon sens, la narration se voit éclatée, mélange les points de vue et les temporalités dans un bordel immense, tuant ainsi tout suspense, le spectateur ayant à chaque fois une longueur d'avance sur l'enquête et sachant dès les premières minutes le sort réservé à la jeune victime, ainsi que l'identité du criminel.
Même chose en ce qui concerne l'émotion, réduite à néant par la mise en scène froide d'Egoyan, plus occupé à construire ses plans et à créer une atmosphère décalée qu'à impliquer réellement son audience. Le casting subit également cette approche, s'avérant la majorité du temps complètement largué. Si Ryan Reynolds se montre impeccable en père aux abois, tout comme l'est Rosario Dawson, le reste est bien décevant, à l'image des prestations limite gênantes de Kevin Durand, risible et paraissant s'être trompé de film, et de Mireille Enos qui en fait des tonnes.
Bien que convenu, le point de départ laissait espérer une réflexion intéressante sur le voyeurisme et sur la culpabilité, mais ne donne lieu qu'à un thriller inutilement alambiqué et froid, dont on ne retiendra vraiment que la beauté des paysages et la participation de Ryan Reynolds.