La femme à la bouche fendue.
Kuchisake-onna, qui signifie "la femme à la bouche fendue" est une des nombreuses légendes glauques d'origine japonaise.
A l'origine, c'est une femme d'un samouraï qui était plutôt volage et vaniteuse sur sa beauté, elle ne se gênait pas pour tromper son mari impunément.
Ce dernier, déshonoré, lui coupa la bouche d'un coup de sabre pour la rendre repoussante.
Depuis, une légende urbaine circule depuis toujours sur une femme ayant subit le même sort, errant la nuit avec un masque chirurgical pour cacher sa bouche et portant une paire de ciseaux à la main.
Elle demande aux personnes qu'elle croise si elle est "belle", et si les interlocuteurs répondent positivement, elle enlève son masque en ajoutant "même comme cela?".
Si la réponse est "oui", elle s'en va car désorientée, mais si la réponse est "non" ou si il n'y en a pas à cause de la peur suscitée par son visage, elle tue ces personnes ou elle leur tranche la bouche comme la sienne.
D'autres possibilités se sont greffées au fur et à mesure, c'est une légende très populaire, un folklore, qui a été adapté en manga, en film, et qui est souvent utilisé comme clin d'œil dans diverses œuvres.
Donc le film de Shiraishi reprend le thème de "Kuchisake-onna", dans un thriller teinté horreur.
Bien que cette femme macabre soit d'un charisme détonnant avec un regard et des expressions ultra froides, on ne peut pas en dire autant des autres personnages, qui sont assez niais avec un jeu d'acteur très perfectible.
Le plus décevant est que Shiraishi adapte la légende sous forme de slasher, tout le mysticisme tombe à l'eau malgré un concept de réincarnation perpétuel bien trouvé.
Donc oui c'est une vulgaire chasse au ciseau, qui ne se gêne pas pour nous montrer des enfants tués/blessés, pas joli joli.
La femme a la bouche fendue tue ou capture ces enfants pour les mettre dans sa cave, sorte de jalousie maladive et spectrale lancée auprès des mères.
L'histoire est assez creuse et aurait méritée plus d'effets horrifiques, suggérés et paranormaux, là c'est bien trop "basique", même au niveau de l'image, qui n'a rien d'inquiétante.
En effet quasiment tout se passe de jour, cela fait parti d'une des nombreuses incohérences par rapport à la légende.
Au final cette adaptation est peu fidèle à l'histoire d'origine et elle est bien trop classique dans son ensemble.
Mention spéciale tout de même à Miki Mizuno dans le rôle de cette véritable femme des enfers, qui apporte un charisme imparable tout en redonnant de l'intérêt à un film vraiment décevant sur quasiment tous les points.
J'en attendais vraiment plus de la part de Shiraishi qui a pourtant déjà prouvé son savoir-faire dans Noroi.