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Cave à Vain
Premier long métrage du réalisateur irlandais Damian Mc Carthy, Caveat ressemble finalement peut être plus à une démonstration technique et un exercice de style qu'à un véritable long métrage. Durant...
le 8 juil. 2021
De Damian Mc Carthy, j'ai d'abord découvert les excellents courts-métrages horrifiques qui m'ont ensuite poussée à me lancer dans son premier long-métrage. Depuis, j'ai vu "Oddity" et je suis heureuse de voir que la bonne impression que j'ai eue il y a plus de quatre ans ne m'avait pas trompée. La carrière du monsieur est assurément à suivre de (très) près.
"Caveat" a été pour moi le grands choc horrifique de 2021, une expérience sensorielle intense dont j'ai gardé une marque indélébile. Après l'avoir revu il y a deux jours (revu qu'une fois entretemps), je pense toujours que c'est un chef-d'oeuvre. Parce qu'il est une des raisons pour lesquelles j'aime avoir peur. Parce que tout ce que j'aime est dedans : la claustrophobie, la peur du noir, l'étrangeté, le mystère, la poésie macabre.
L'histoire, qui mêle thriller et fantastique, n'est pas originale, mais son traitement l'est. Isaac est engagé par Moe pour garder Olga (sa belle-soeur) qui vit recluse dans une maison. Mais deux surprises attendent Isaac : ladite maison est au milieu d'une île isolée (et il ne sait pas nager...) et il doit porter un lourd harnais cadenassé relié à la cave par une longue chaîne qui lui permet d'aller dans toute la maison sauf dans la chambre d'Olga... mais l'empêche de sortir de la maison. Après avoir exploré la cave, Isaac découvre un cadavre dissimulé qui s'avère être la mère d'Olga. De plus, celle-ci prétend qu'il est déjà venu un an auparavant, alors qu'il n'en a aucun souvenir...
L'histoire, qui paraît simple au début, comporte peu de dialogues et n'implique que trois personnages (ou quatre ?), se complexifie au gré de flashbacks et de rebondissements parfaitement amenés. Beaucoup de choses sont expliquées, mais tout n'est heureusement pas éclairci. Mc Carthy laisse heureusement subsister une grande part de mystère pour donner au spectateur l'envie de revoir le film. A l'image de la fin très poétique et énigmatique, tout reste un peu flou et mystérieux.
Ce qui frappe d'abord, c'est ce fabuleux décor planté sur une petite île au milieu d'un lac : une maison abandonnée labyrinthique, sans fenêtre, aux papiers-peints en lambeaux et au mobilier vieillot. Impossible à cartographier, étouffante et sinistre, elle fait perdre rapidement ses repères spatiaux-temporels et a tout d'un piège inextricable. On ne réalise l'absence de fenêtres qu'au bout d'un moment et elle est une des meilleures idées du film. Ne jamais voir la lumière du jour (sauf au début) est très perturbant. Cette sensation d'être dans une nuit sans fin installe d'emblée une ambiance déprimante et inquiétante où le moindre craquement fait sursauter, où le moindre objet (un tableau, un jouet mécanique, un harnais barbare) fait frissonner d'horreur.
Une caractéristique qu'on retrouve dans chaque film de Mc Carthy, c'est le rythme très lent. Le réalisateur prend son temps pour faire monter la tension, particulièrement dans ce film.
Comme je l'ai dit auparavant, les dialogues sont rares et énigmatiques. On est dans un cauchemar, pas dans un thriller classique. Une grande place est donc laissée à la bande sonore incroyablement anxiogène (hantée par le bruit sinistre de la chaîne qui entrave Isaac et par de terrifiants cris de renards dans la nuit) qui est pour beaucoup dans le malaise permanent qui baigne le film.
Combinant avec art un univers sonore oppressant, des décors faiblement éclairés (la maison n'est éclairée que par quelques pauvres petites lampes à abat-jour de guingois) ou plongés dans le noir complet (pendant le dernier tiers du film), des personnages énigmatiques quasi muets, des éléments étranges ou surnaturels, McCarthy réussit brillamment à entretenir un climat cauchemardesque pendant presque 1h30.
Passons à l'idée de génie du film, du genre qui vous hante longtemps après le générique de fin : le petit lapin mécanique au regard le plus flippant de toute l'histoire des jouets horrifiques. Ce lapinou défraîchi affublé d'yeux de verre humains marquera votre mémoire au fer rouge.
En plus de son regard terrifiant, le lapin se met à taper sur son tambour TOUT SEUL dès qu'un truc louche se passe dans la maison. Une sorte de détecteur de paranormal portatif très simple à utiliser : comme Olga, vous l'attrapez par les oreilles et vous le tenez devant vous en vous baladant dans la maison. Si le bunny s'excite sur son tambour, fuyez dans la direction opposée.
Ce lapinou est un des éléments humoristiques du film. Car il y a toujours de l'humour - noir, évidemment - qui se mêle à l'horreur dans les films (courts ou longs) de Mc Carthy. C'est une caractéristique constante de son oeuvre que j'apprécie beaucoup. On retrouve cet humour ironique à de multiples reprises dans "Caveat", comme dans ce face à face silencieux entre Isaac et le chien noir, tous deux respectivement tenus en laisse.
D'autres objets, comme l'effrayant harnais de cuir porté par le héros ou le tableau ensorcelé qui ne tient pas en place pendant la première nuit, laissent aussi un souvenir durable.
Aux adeptes de la lenteur, de l'étrange et des ambiances feutrées et oppressantes, je ne saurais trop conseiller ce film, ainsi que "Oddity" et les courts-métrages de ce réalisateur singulier et très talentueux. J'ai ajouté plusieurs de ses courts-métrages sur SC et j'y ai joint des liens dans cette liste pour ceux qui veulent les voir : https://www.senscritique.com/liste/la_peur_en_courts_metrages/3984066
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes La crème de l'horreur et de la terreur, Les meilleurs films d'horreur, Affiches à tomber, Mes blu-ray et Cauchemars
Créée
le 17 janv. 2026
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