Malgré ses allures de péplum pour amateurs de légionnaires, Centurion est un survival dans le grand froid écossais, qui n'a pas spécialement envie de parler de l'empire romain, ou de l'état de ses conquêtes en l'an de grâce 117. C'est un film de divertissement sans ambitions historiques ou réalistes, par le britannique Neil Marshall, à qui l'on devait l'excellent "The Descent", cinq ans plus tôt.
À l'époque, c'est son casting aguicheur qui m'avait rendu curieux, avec notamment Dominic *McNulty* West dans le rôle de Titus Virilus (ça ne s'invente), Fassbender, et Liam *Ser Davos* Cunningham.
Ça se passe beaucoup moins bien pour le cast féminin, hélas. Comme dans trop de films de genre, les actrices ont été principalement choisies pour leur cul, ou leur joli minois. En tête d'affiche, on trouve Olga Kurylenko, une égérie Besson typique. Son personnage est muet, ce qui rend son rôle assez difficile, car elle doit quand même faire passer beaucoup d'émotions, et je trouve qu'elle le fait... passablement, sans être non plus spectaculairement mauvaise. Le film aurait certainement pris une autre dimension avec un actrice plus charismatique, d'autant que son personnage n'avait en aucun cas besoin d'être aussi belle, et c'est donc un choix paresseusement gratuit.
Même sentence pour "la sorcière", un peu plus tard dans le film, qui vit seule dans une hutte depuis quelques années mais semble sortir d'une pub L’Oréal, avec une sublime toison permanentée et une épaisse couche de maquillage. Adieu l'immersion, bonjour le parfum de nanar.
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Heureusement, c'est là tout le mal que je dirai du film, car à tout autre égard, ça se passe très bien. Malgré son petit budget et la difficulté de produire un film d'époque convaincant, le film n'est jamais pris en défaut visuellement, que ce soit pour ses costumes, ou ses quelques batailles très bien foutues et diablement efficaces, si on lui excuse son recours au sang numérique (c'était encore une nouveauté peu maîtrisée à l'époque, et d'autres productions de 2010 en ont fait les frais, comme la série Spartacus). Ça reste un 'petit' film aux ambitions mesurées et adaptées à ses moyens, qui fait exactement ce qu'il promet.
Même s'il n'hésite pas à faire parler les glaives, Centurion est avant tout un survival, et c'est dans ce registre qu'il brille réellement, grâce à un groupe de personnages variés et attachants, et des péripéties bien rythmées, avec une belle montée en intensité. Durant ses combats, le film est violent, et les protagonistes sont toujours à deux doigts de se faire raccourcir d'une tête. On retrouve la patte de Marshall qui rendait les confrontations de The Descent aussi viscérales.
J'avais apprécié Centurion à sa sortie, et lui avais collé un petit 7, mais c'était un vrai plaisir de le revoir en salle. Après 10 ans de VOD et de films Netflix mal éclairés et étalonnés pour être vaguement consommés sur un second écran en plein jour, ça fait plaisir de voir une réelle expérience cinématographique, au visuel rugueux et contrasté. Centurion est clairement tourné pour le ciné, avec ses superbes décors écossais enneigés, comme on en voit rarement, et des caméras aériennes à la Lord of the Rings, qui survolent nos héros en train de courir pour leur survie sur des étendues glacées. C'est beau et épique, juste comme il faut.