Quel plaisir de découvrir ce film en 2018 ! J'aime les histoires simples, dans lesquelles la profondeur des personnages suffit à donner toute la densité au film. Et là, on y est.
Rosalie est une femme qui brille d'abord par son intelligence. Elle n'aspire pas à devenir femme libre, elle l'est, par nature, nous l'explique très bien, calmement, de même qu'à ses amoureux. Pas rebelle pour autant, Rosalie se plait à servir à boire à ces messieurs lorsqu'ils jouent au poker, se propose pour faire le café et veut plein d'enfants. Ce qui ne se pose pas comme incompatible avec son essence de femme désirante qu'elle n'a jamais reniée. Pourquoi donc serait-ce le cas ? Rosalie, bien plus féministe que beaucoup de femmes qui s'en revendiquent aujourd'hui. Pas besoin de poing levé.
César lui, a ses défauts. Présenté d'abord comme un homme d'affaire motivé par le seul appât du gain, il se révèle un grand amoureux, qui, malgré lui, passe à peu près par toutes les réactions possibles lorsque son couple est sérieusement menacé : déni, violence, résignation, compromis, etc.
Les trois personnages sont terriblement forts, ils ont la chance de parvenir à agir à la fois de façon tout à fait rationnelle et à la fois guidés par la pureté des sentiments qu'ils éprouvent -et dans la vraie vie, le cœur et le cerveau ne cohabitent pas souvent de façon si évidente. Une belle leçon de respect et de bienveillance dans ce ménage à trois dénué de pathos -on n'est pas là pour se lamenter, il y a mieux à faire : vivre- et bourrée d'amour sincère, tout simplement.
Et puis bien sûr quelques unes des répliques de Romy Scheinder, inoubliables :
"César sera toujours César,
et toi, tu seras toujours David qui m'emmène sans m'emporter,
qui me tient sans me prendre
et qui m'aime sans me vouloir..."