Chang est le second film du duo formé par Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper. Ce coup-ci, l'idée est d'aller explorer ce qu'on appelait encore le Siam (en gros Thaïlande et Laos), pour aller filmer le monde sauvage, les animaux les plus terribles qui soient, avec en tête l'idée de filmer les tigres et les grands éléphants. Ils s'attachent particulièrement à filmer la vie quotidienne d'un village paumé au fond de la jungle du Laos, et plus précisément encore celle d'une famille de paysans du coin. Ceux-ci vont d'ailleurs capturer un bébé éléphant, pour les aider dans leurs tâches, qu'ils vont nommer Chang, qui donne son titre au film (mais que la mère va vite venir délivrer). Le film est encore un film documentaire, mais les deux cinéastes se sont parfois permis de faire rejouer des scènes qu'ils ont découverts sur le vif, aux locaux. Des scènes de la vie de tous les jours essentiellement, même si absolument rien n'est inventé. On pourra dire avec le recul que c'est sans doute là que se marque les prémices de leur entrée dans la fiction, même si on est encore très loin de King Kong. Car le film ne raconte rien d'autre que la vie quotidienne de ce village et de cette jungle sauvage, surtout, les cinéastes et les villageois, à la même enseigne, étant face à des léopards, grands pythons ou boas, ours, tigres, et des éléphants par centaines. C'est beau, passionnant, sauvage, et là aussi c'est un des plus beaux documentaires vus, surtout qu'il a bientôt 100 piges, et c'est un des plus beaux films de jungle qu'on puisse imaginer, car là aussi tout est vrai, c'est la vie qui fait film.