Oubliez vos repères balisés. Avec CHARISMA, Kiyoshi Kurosawa ne cherche pas à vous caresser dans le sens du poil, mais à ausculter méthodiquement la décomposition morale de l’humanité. L’arbre au centre de l’intrigue n’est pas un simple accessoire : c'est un vortex psychologique qui aspire la raison des protagonistes pour ne laisser que le néant.
La mise en scène, d'une précision chirurgicale, transforme une forêt a priori banale en un labyrinthe anxiogène digne des pires cauchemars urbains. Kōji Yakusho y livre une partition impériale, tout en silences lourds et en désillusion sourde. En effet, chaque plan de CHARISMA distille un malaise insidieux qui dynamite les frontières habituelles du thriller psychologique.
Pourtant, une question demeure : ce long-métrage prophétique cache-t-il une parabole politique sur l'effondrement collectif du Japon moderne ou le manifeste d'un individualisme absolu ? La réponse se trouve dans une conclusion d'une noirceur totale que le public occidental peine encore à décrypter.
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