Présenté à Deauville, Sundance et Berlin, Charlie Countryman est le premier long-métrage de Frederik Bond. Sorti en catimini chez nous, ce mélange des genres me tentait depuis un certain temps, même si au final, le résultat n'a rien à voir avec ce que je pensais.
Alors que j'imaginais une sorte de polar déjanté et ultra-violent, complètement frappadingue, Charlie Countryman est au contraire une oeuvre volontairement naïve et extrêmement romantique. Si le film mange un peu à tous les râteliers, naviguant entre balade planante, romance, réflexion sur le deuil et vague intrigue policière, il le fait toujours avec sincérité.
Bien qu'accusant quelques baisses de rythme et tournant autour du schéma classique du bon gars amoureux de la mauvaise fille, Charlie Countryman a pour lui un petit coeur qui bat, une envie de bien faire et surtout, une mise en scène aérienne et soignée. Autour d'un Shia LaBeouf étonnement juste, prouvant qu'il peut être très bon quand il est dirigé, gravite un casting impeccable constitué d'Evan Rachel Wood, Vincent D'Onofrio, Melissa Leo, Rupert Grint et surtout de Mads Mikkelsen, une fois de plus grandiose.
Si Charlie Countryman est un premier film imparfait et qui ne restera pas forcément dans les mémoires, la force du casting, l'honnêteté de la démarche et l'optimisme revendiqué en font une fable attachante qui mérite un petit coup d'oeil.