La thématique au centre du film et la manière de la traiter sont très intéressantes, mais une fois le déroulé du récit mis en place le propos gagne assez peu en profondeur. Un groupe d'hommes riches décide de s'évaluer les uns les autres afin de déterminer lequel est le meilleur. Il est assez amusant de les voir chacun sortir leur petit carnet pour prendre des notes à chaque comportement ou parole notable. Cela donne lieu à des situations d'observation et d'évaluation absurdes mais révélatrices. Toutes les composantes de l'identité masculine y passent et même si parfois le traitement peine un peu à dépasser le cliché qu'il entend étudier, le film reste intéressant. La réalisation froide et en retenue ajoute, par contraste, à l'absurdité globale et c'est réussi. Néanmoins, l'enchaînement des scènes est assez mécanique, ce qui rend le film un peu mou. Il manque de variation d'intensité mais aussi de profondeur. Bien qu'Athina Rachel Tsangari aborde un sujet intéressant, elle conserve une sorte de légèreté là où parfois on aurait envie de basculer dans quelque chose de plus grinçant, à l'image de certains films de Ruben Östlund. À ce titre, on ressent bien le cadre stylistique de la nouvelle vague grecque qui trop souvent se complaît dans son esthétique et son rythme au dépend du traitement de ses thématiques.