Chhapaak est un drame tout en retenue. Deepika Padukone, mannequin et actrice indienne brillante, incarne Malti, une jeune fille victime d’une attaque à l’acide. Autant dire qu’elle est méconnaissable ! Le film s’inspire de la vie de Laxmi Agarwal, une magnifique adolescente défigurée à vie. Son drame, hélas, n’est malheureusement pas isolé.
Les conséquences de cet acte barbare touchent d’abord la souffrance physique – défiguration, opérations chirurgicales multiples –, mais aussi l’épreuve des procès, les questions insinueuses des journalistes qui la tiennent vaguement pour responsable, et la curiosité malsaine des passants face à un visage qu’elle dissimule.
D’une grande justesse de ton, jamais larmoyant ni lourd, le film raconte avec pudeur le combat de cette jeune fille, qui choisit de se battre pour elle-même et pour toutes les victimes plutôt que de sombrer dans le désespoir. Refusant le rôle de victime passive, elle s’engage pour interdire la vente libre d’acide.
Le rythme est lent, l’histoire lourde et sans concession divertissante. Elle interroge la violence genrée : pourquoi des hommes défigurent ainsi des femmes, rarement l’inverse ? Quelle faille psychique chez certains permet-elle cela ? Et pourquoi la justice est-elle si ardue pour les victimes ?
Cette histoire touche et force le respect. Quelle force intérieure pour retrouver le sourire !