Cinema Paradiso : Version longue par Spectateur-Lambda

Je peux être très sensible au mélodrame, je peux être très réceptif à la mélancolie en revanche je suis réfractaire au larmoyant et hostile à la nostalgie, or ce film s'évertue d'une part à appuyer plus que nécessaire l'aspect dramatique, pour bien me faire comprendre que là je dois verser ma petite larme et bien rentrer en empathie avec cette vision réactionnaire, ce discours "c'était mieux avant" à la fois désolant et déplorable.


Je sauve la prestation de Philippe NOIRET admirable une fois de plus, mais face à un tel acteur c'est un peu comme féliciter le récipiendaire de la médaille Fields pour réciter sa table de multiplication de cinq sans erreurs, je note aussi le jeu habité du jeune Salvatore CASCIO qui campe un gamin adorable, mais en dehors de cela, rien ne m'a plu et à dire vrai plus les jours passent et plus je trouve ce film détestable.


Une déclaration d'amour au cinéma et à la salle comme lieu de rencontres populaire et d'émancipation culturelle ? Non, ce n'est jamais traité, les scènes y sont redondantes, quand à la troisième fois on veut nous signifier la "lutte des classes" avec le riche bourgeois qui par mépris crache depuis son balcon sur la plèbe située en contrebas, je n'y vois pas l'évocation d'un lieu de rencontres. Quand le film veut absolument nous faire regarder vers un passé fantasmé qu'il faut regretter tout en nous rappelant la mainmise de l'église sur les questions de censure, c'est a minima un paradoxe, pour ne pas dire un aveu d'idéologie réactionnaire, moraliste et de vieux con !


Un récit sur l'évolution technologique et la disparition programmée de certains métiers, de savoir faire ? Survolé en deux ellipses qui ne diront rien de plus sur le sujet, aucun point de vue, ni dans un sens, ni dans l'autre.


Pour moi il en va ainsi de tous les thèmes que veut aborder le film ou qu'il feint d'aborder, s'achevant sur un dernier tiers qui s'étire, qui nous donne à voir la version déprimée d'un Jacques PERRIN qui plonge dans ses regrets avec sa gueule de cocker triste, quand on pourrait souligner que dans l'ensemble il a plutôt réussi sa vie et finir sur une note positive, non on appuie sur la nostalgie, les ratés, les actes manqués, allô Lacan bobo, d'une lourdeur insolente.


Je regrette, mais pour moi c'est une énorme déception, d'autant plus que je voulais voir ce film depuis longtemps, mais au final je n'y suis pas simplement resté extérieur ce qui peut arriver et ce n'est pas grave, j'y suis radicalement hostile.

Créée

le 13 déc. 2023

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