Cinquième colonne par dadujones
Pas le meilleur Hitchcock, de loin, le scénario bafouille pas mal, comme le rythme. Il faut dire que ce film a été trimballé et trituré dans tous les sens tellement personne ne voulait le faire. Je n'aime pas trop Robert Cummings, en plus.
Ça n'empêche pas les seconds rôles de régner sur le film: Otto Kruger et Norman Lloyd (particulièrement bon). Bref, un road-movie juste respectable, avec des nazis aux trousses dans une Amérique en guerre.
On notera juste:
1°) L'héroïne est cette évaporée de Priscilla Lane, qui est mon amoureuse des années 40, qui si un jour elle sort de sa tombe en zombie, direct, je me marie, et on a des enfants et un réfrigérateur américain avec une Plymouth. Direct.
2°) Ce film a un beau "stock-shot" comme on dit maintenant: une image d'actualité qui vient illustrer le propos, intégrée au film comme une séquence de celui-ci. Le film contient un attentat contre un navire de guerre américain, qui nous est représenté couché sur le côté lors d'une séquence où Norman Lloyd, le méchant traître à son pays à la solde des nazis, passe devant le port de New York et a son vieux sourire moqueur en voyant le travail. Cette image est en réalité une image d'actualité qui montre le paquebot Normandie couché sur le flanc dans le port de New York suite à un incendie. La Normandie!!! Ah, moi j'aime bien les paquebots, alors du coup, j'ai frémi. Je pourrais comprendre que ça te laisse de glace. Tiens si Priscilla Lane se réincarne et que je l'épouse, on prendra la Plymouth (on habitera une banlieue pavillonnaire du Connecticut) pour aller à New York faire la traversée jusqu'au Havre sur la Normandie. La biche.
3°) Enfin, bien que le film surfe sur la vague patriotique du contexte de la guerre, et illustre une lutte de bons Américains patriotes ayant de bons sentiments grâce à leur patrimoine génétique américain, quelques passages pas si anodins font tout de même très plaisir, dont un couplet très bien amené sur la nécessité de désobéir aux lois mauvaises et l'importance d'accueillir chez soi un fugitif puisque la présomption d'innocence en fait tout sauf un coupable.