Dans ce film il ne se passe rien.
La bataille entre les pro avortement et les anti avortement est le bruit de fond qui entoure la déchéance d’une camée débile.
Cela manque d’humour, de légèreté, d’absurde et de gentillesse, de tendresse.
Le danger de faire un film rempli de personnages détestables, c’est qu’on finit par ne plus avoir de plaisir à le regarder.
Ruth est une paumée sordide, opportuniste, menteuse, stupide. Les gens qui l’entourent ne veulent qu’une chose : se servir d’elle. Son bien être ne compte pas.
Elle est balancée entre des idiots qui veulent la faire avorter et des idiots qui veulent la faire accoucher. Elle est un objet, déchue de son humanité par son comportement immature.
Le film est bien joué et bien réalisé. Mais on sent qu’il n’est un prétexte à faire s’affronter les deux camps.
La fin est d’ailleurs la démonstration que le jeu entre les pro et les anti avortement ne pouvait être résolu par une histoire sordide. On sent que le scénariste s’est retrouvé coincé aux 3/4 du film. Et qu’il effectue une pirouette ridicule pour le terminer et ne pas avoir à choisir.
C’est le gros défaut de cette fin : ne pas oser aller plus loin dans le sordide ou dans le cucul.
C’est dommage car cela fait perdre le peu d’intérêt qu’on avait pour le personnage et ne résout rien des conflits précédents.
L’élément perturbateur n’est pas considérer, le film botte en touche.
Jusqu’au bout, Ruth est une paumée minable. Elle n’a rien appris, rien essayé, rien testé. Passive de bout en bout, elle n’offre aucune émotion aux spectateurs, sinon la frustration d’avoir suivi un combat d’idées portée par un personnage fantôme.