Scénariste et dialogue qui a rythmé le cinéma des années 1970, Jean-Loup Dabadie a imaginé ce film chorale autour de sept personnages comme il a pu le faire, notamment, pour Yves Robert avec Un Éléphant ça trompe énormément. Moins drôle que le diptyque porté par quatre formidables quadragénaires, ce film annonce l’amertume d’une génération dont les amours seront bien plus contrariées que leurs aînés. En quelque sorte, les personnages du film de Jacques Monnet sont beaucoup plus paumés que les personnages habituels de Dabadie, ce qui n’empêche pas, bien entendu, un attachement profond de l’auteur à ces derniers.


Le résultat se révèle un peu bancal, la faute peut-être à une réalisation incapable de transcender son sujet. Entamé très maladroitement, le film gagne cependant en efficacité au fur et à mesure de ses péripéties. Les bons mots tardent à venir mais quand ils sortent, ils sont excellents. Entre un Thierry Lhermitte qui a tendance à monter vite dans les tours car il a « du sang suisse » ou un Christophe Bourseiller qui les distille avec autant de désinvolture que de précision comique, l’ensemble se montre parfois franchement amusant. C’est pourtant sa dimension douce-amère qui l’emporte, à l’image de ces personnages gentiment à côté de leurs pompes et qui peinent à trouver le bonheur dans leur quotidien. Dans ces différents tableaux qui se croisent et s’entremêlent, Jean-Loup Dabadie ne retrouve pas le rythme et la pertinence de ses œuvres principales, comme s’il semblait aussi moins à l’aise avec la jeunesse des années 80 qu'avec les gens de son âge dans les années 70.


Dommage que l’ensemble ne vise pas toujours juste car le casting quatre étoiles vaut assurément le détour. Tous ces acteurs à l’aube de leur carrière étaient alors d’une justesse remarquable et pas encore enfermés dans certains rôles, à l’image d’un Christian Clavier ou d’une Josiane Balasko qui font preuve ici d’une réelle profondeur. Maladroit mais attachant, l’ensemble manque de punch. On en retiendra cependant quelques répliques sublimes de drôlerie et plusieurs portraits finement croqués mais le résultat n'est, hélas, pas à la hauteur de son titre prometteur.


Play-It-Again-Seb
6

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Liste et classement des films que j'ai vus ou revus en 2024

Créée

le 2 janv. 2024

Critique lue 171 fois

PIAS

Écrit par

Critique lue 171 fois

9
5

D'autres avis sur Clara et les Chics Types

Clara et les Chics Types

Clara et les Chics Types

6

Play-It-Again-Seb

le 2 janv. 2024

Suivre

Jean-Loup Dabadie et la jeune génération

Scénariste et dialogue qui a rythmé le cinéma des années 1970, Jean-Loup Dabadie a imaginé ce film chorale autour de sept personnages comme il a pu le faire, notamment, pour Yves Robert avec Un...

Clara et les Chics Types

Clara et les Chics Types

8

Alligator

le 14 nov. 2012

Suivre

Critique de Clara et les Chics Types par Alligator

Un petit film comme je les aime. Des films sur l'amitié, sur la difficulté de devenir adulte. Avec de très bons acteurs et de bons dialogues ("tu fais une drôle de tête - Beuh, tu vois que ma nuque ...

Clara et les Chics Types

Clara et les Chics Types

7

FrankyFockers

le 11 janv. 2013

Suivre

Critique de Clara et les Chics Types par FrankyFockers

visionnage 2013 - Je l'avais vu une fois, et beaucoup aimé. J'étais loin de me douter que je trouverais ça aussi bien aujourd'hui. C'est un film avec toute la troupe ou presque du Splendid, mais avec...

Du même critique

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

4

Play-It-Again-Seb

le 15 nov. 2023

Suivre

La philosophie sur le comptoir

Aïe, aïe, aïe... L'arrivée de Fabrice Caro en lieu et place de Jean-Yves Ferri qui venait, à mon sens, de signer son meilleur Astérix dans le texte, était pourtant annoncée comme une bonne nouvelle...

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

7

Play-It-Again-Seb

le 22 oct. 2021

Suivre

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...

Terreur aveugle

Terreur aveugle

8

Play-It-Again-Seb

le 18 nov. 2022

Suivre

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...