Cobra
5.7
Cobra

Film de Enzo G. Castellari (1980)

Alors que le poliziottesco tire ses derniers feux, Enzo G. Castellari, qui n’a déjà plus le talent qu’il affichait encore quatre ans auparavant avec Big Racket ou Keoma, propose de s’attaquer à une remise à jour du film noir. Pas de poursuite en voitures un peu folle, pas de flic aux méthodes expéditives, pas de script ultra nerveux et rentre-dedans, pas de scènes quasi documentaires, mais un privé engagé pour dénouer une affaire de drogue. Place donc au culot du privé qui se fourre dans la gueule du lion, qui prend des corrections (mais qui en donne également un certain nombre), qui s’acoquine avec de jeunes femmes qui, bien évidemment, sont des traitresses en puissance. On est donc en plein film noir avec un Franco Nero au pardessus à la Bogart mais beaucoup moins classe, beaucoup plus borderline et, surtout, bien plus bagarreur. Un rôle qui lui va plutôt bien, lui qui est décidément toujours bien servi par le travail d’Enzo G. Castellari.


Comme toujours avec ce type de films, le scénario apparaît alambiqué et on finit par décrocher quelque peu des chemins tortueux qui nous conduisent, finalement, à une résolution attendue, les coupables étant ceux qu’on imaginait. Face à une organisation tentaculaire, notre Cobra patauge un peu mais finit par retomber sur ses pattes même si son action ne pourra, évidemment, pas dépasser la destruction de la partie émergée de l’ensemble. Porté par une musique et une chanson qui fonctionnent très bien, le résultat, à défaut d’originalité, est vraiment efficace. La qualité générale de l’interprétation, Franco Nero en tête bien entendu, permet de livrer un divertissement franchement agréable. L’ami Enzo montre qu’il sait emballer ce cinéma-là, alternant scènes d’action nerveuse (poursuites, bagarres), confrontations verbales et enquête aboutie. Choix pertinents de plans, mouvements originaux de caméra, soins apportés à la description de Gênes sont d'autres atouts évidents.


Avec ce film, le réalisateur, toujours aux premières loges du cinéma de son époque, valide la fin d’un genre et ouvre la perspective de le prolonger avec une nouvelle grammaire cinématographique. S’il n’y aura pas d’autres aventures de ce type dans le cinéma policier italien des années 1980, on peut cependant apprécier cette proposition. On peut, d’ailleurs sans mal, la préférer à toute la vague post-apocalyptique que le même Enzo G. Castellari va lancer deux ans plus tard.


Créée

le 23 juin 2025

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PIAS

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