Bon là, on parle quand même d'une suite à un film qui n'en n'avait pas vraiment besoin car il était déjà très moyen, réalisé par Julien Hervé, qui n'a fait que le premier et un "Ducobu", en plus d'avoir écrit quatre "Tuche" et un des pires "Astérix" ; alors oui, évidemment, le projet était très bancal. Et je vois venir les critiques pro cinéma populaire, non je n'ai pas été voir ce film dans l'unique but de le démonter, déjà car je ne suis qu'un petit cinéphile qui fait ses critiques dans son coin et puis que je ne suis pas maso à ce point.
Et surtout, force est d'admettre que le précédent ne m'avait pas déplu et puis, j'adore Christian Clavier donc quoi qu'il fasse, j'irai le voir en salles (même si j'apprécie dix fois plus le Clavier des années 80/90). Bref, une (trop ?) longue introduction pour dire que cette suite est ratée.
Voilà, c'est bien dommage mais il ne reprend les qualités du premier que dans ses dix/quinze premières minutes et tous ses défauts pendant tout le reste du film. Eh oui, là où le premier partait un peu en vrille, c'était lorsque les personnages se mettaient à singer les origines desquelles ils avaient hérité. Mais le film ne prenait pas trop de risques puisque les origines en question n'étaient qu'européennes ou presque, sûrement afin d'éviter d'être taxé de racisme (d'ailleurs, preuve que l'on peut sortir des stéréotypes à la pelle lorsqu'il s'agit de pays voisins mais beaucoup moins concernant les autres, c'est déjà un débat intéressant en soi).
Là, on passe à un autre niveau, les deux personnages principaux se rendent compte que leurs tests ont été tronqués et découvrent encore de nouvelles origines (si ça fonctionne toujours aussi bien au box-office, on peut en avoir sept à ce compte-là des "Cocorico"). Et c'est donc reparti pour les clichés, les jeux de mots faciles qui ne feront rire que les trois vieux au fond de la salle (et ah oui, je vois que c'est Julien Hervé qui a aussi signé le scénario, rien d'étonnant donc), les mêmes crises existentielles des deux personnages, jusqu'à même recycler certains gags du premier (comme si la première fois n'avait pas suffi), pour ensuite aller jusqu'à prouver qu'ils sont bel et bien français chez un flic... raciste ? Je sais pas, je n'ai pas vraiment d'autre qualificatif qui me vient à l'esprit.
Et le film va même parfois jusqu'à singer "Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?" qui n'est quant à lui, contrairement à ce que beaucoup de détracteurs pensent, pas raciste car les personnages sont avant tout ridicules ; on rit d'eux et non avec eux. Alors qu'ici, c'est déjà beaucoup plus ambigu, notamment déjà avec le personnage de Memet qui est éthiquement discutable alors que je suis souvent en désaccord avec ce genre de débat d'ordinaire stérile.
Bref, "Cocorico 2" est en tout cas bien des choses mais ni drôle ni divertissant n'en font malheureusement pas beaucoup partie.