Cold in July - Journal de bord de Deauville 2014
La presentation de Cold in July par son réalisateur laisse une sensation etrange. Celle d'un film negligé, expédié. Ce que confirme le brutal montage du debut et les oublis narrarifs. Par exemple, au debut du film, quand la brave famille moyenne americaine se fait cambrioler en pleine nuit -point de départ de la fiction-, nous découvrons une photo du jeune fils, sans l'avoir vu dans son lit. Oubli volontaire pour laisser le doute planer sur l'absence de l'enfant, ou négligence?
Un thème de l'enfance négligé largement à la mode dans cette nouvelle edition du festival. Cold in july est suffisamment ambigu sur ce point pour marquer notre interet.
En réalité, l'interet majeur de cette fiction, c'est son jeu du detournement des symboles et des motifs de la mythologie consumeriste americaine: le canapé à motif, le micro-onde, la voiture, souvent inserés de maniere grossiere -presque en justificatif imposé - au service d'un scenario malin et surprenant ; au detriment de l'originalité.
Le detournement passe aussi par le recours à la colorimetrie kitsh des années 70. La premiere scene en est le symptome. Les personnages, levres bleues, visages pales, ressemblent deja aux momies-consommateurs, etouffés par leur bon reve americain, que le cinéma n'a cessé de remettre en cause. Ce n'est donc pas l'originalité du propos, mais l'astuce de ces detournements - mention special au micro-onde explosif, deja exploité dans d'autre films. Pourtant, la tension qui se forme apres les nouveaux enjeux du recit, au milieu du film, ne change rien à l'idée que l'on a eu, quelques minutes plus tot. Lors d'une scene au drive in, nouveau symbole, le realisateur se court-circuite lui meme en projettant La nuit des morts vivants. Choix assumé, mais qui rappelle alors au spectateur les lacunes esthetiques, et les choix kitchs - mention speciale à la musique electro - et le constat implacable d'assister à une enieme serie B americaine, honorable, qui pique la curiosité, mais qui ne marquera pas les esprits.