Vouloir décortiquer les dérives de la finance numérique à travers un thriller paranoïaque est une intention louable. Bien que le point de départ de Cold Wallet soit ultra-réaliste, le métrage subit un décrochage rythmique fatal dès son second acte. En effet, le cinéaste Cutter Hodierne ne parvient jamais à équilibrer son ambition thématique avec une cohérence narrative solide.
La mise en scène brille pourtant dans sa première moitié grâce à une photographie glaciale et des cadres resserrés qui traduisent parfaitement l’enfermement numérique. Devant la caméra, l'acteur Raúl Castillo livre une prestation contenue mais magnétique, portant la rage de son personnage avec une belle justesse. Par ailleurs, le scénario s'enfonce rapidement dans des facilités d'écriture déconcertantes, multipliant les ellipses logiques qui minent la crédibilité de l'entreprise.
Qu'est-ce qui a bien pu pousser le producteur exécutif Steven Soderbergh à parrainer ce projet pour qu'il finisse par glisser vers un home invasion aussi conventionnel ? Le secret réside peut-être dans les coulisses chaotiques de la production et dans le traitement de sa fin, visuellement soignée mais totalement vide de sens.
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