Le colonel Blimp est un homme satisfait. Il a combattu pour l'armée anglaise sur la première moitié du XXème siècle. Et quand on parle de l'armée anglaise à cette époque, on parle bien de partout si vous voyez ce que je veux dire.
Une saga plutôt prenante
On ne peut nier à ce film une vraie dynamique d'action, un pur savoir-faire de nous raconter de fameux colonel, et une capacité à nous le rendre sympathique, bonhomme, avec ce fameux humour anglais et puis, la capacité qu'ont les anglais, quand même de mettre du romanesque dans leurs histoires, alors que finalement, ce ne sont rien que des hobbits qui préfèrent avant tout boire du thé chez eux. Après une introduction dont on ne comprend pas tout - c'est fait exprès - au moment de la WWII, on va se farcir non sans déplaisir une histoire sur 40 ans pour nous ramener à cette fameuse introduction et épiloguer en beauté.
Une astuce qui nous balise le chemin
Au-delà du colonel Blimp, et de son ennemi puis ami puis ennemi puis ami allemand, la petite trouvaille du film, c'est l'usage de l'actrice Deborah Kerr. Blimp va uniquement tomber amoureux de femme ressemblant à Deborah Kerr (forcément, c'est toujours Deborah Kerr) tout en étant toujours des personnages différents. Ca ajoute du piment.
Un film nationaliste quand même
On me parlera du contexte. Certes, on est en 1952, et la couronne anglaise ainsi que son peuple n'est pas prête à renoncer à son empire qui ne se couche jamais. Il n'empêche, aucune critique sur ce point n'est formulée. Soit. Et même l'armée anglaise n'est pas critiquée. Certes, elle est taquinée. Mais même si Blimp est un moment ridiculisé, ce n'est que pour mieux montrer la capacité de cette armée à évoluer pour répondre aux contraintes des nouvelles guerres. Je ne ferai même pas mention du manque de recul quant à l'accumulation des trophées d'animaux sauvages au fil des nominations Blimp aux quatre coins du globe (à supposer que le globe ait quatre coins).
Le contexte, toujours le contexte, je sais. Mais encore une fois, si vous me lisez régulièrement, même à l'époque, des voix s'élevaient contre la colonisation, pour ne parler que de cela. Tant pis, je ne boude pas mon plaisir, mais je sais de quoi Blimp est le nom : une certaine propagande de la grandeur anglaise.