Magnifique film sur les préludes à une guerre qui sera la Grande boucherie du vingtième siècle. Ou comment l’ambition d’un officier aux origines modestes devenu chef de la police secrète attaché au service d’un archiduc de triste mémoire finit par faire de lui la victime collatérale des complots guère glorieux qui agitaient alors l’Europe centrale avant que tout ce petit monde trouve prétexte à se péter sur la gueule.
Si le jeu politique ne vaut surtout que pour les allusions historiques qu’on peut déceler ici ou là, on est happé par la justesse de la mise en scène de Szabó, appliqué à rendre l’atmosphère « fin de siècle » des intrigues souvent plus personnelles que politiques. Derrière le sujet historique, l’ambition de Redl, ce sont ses relations privées qui attirent notre attention. D’abord, Redl a honte de ses origines, et s’il devient plus royaliste que le roi, plus loyal, c’est qu’il doit justifier aux yeux de tous sa position.
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