Sur le papier, Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère) est un film facilement appréhendable. Outre son titre, le pitch peut faire penser à une comédie où tout semble cousue de fil blanc – un petit-fils fainéant qui se rapproche de sa grand-mère malade pour bien se faire voir et ainsi toucher une grosse partie de l’héritage. Ou encore à un drame tire-larmes, étant donné que le projet s’est fait connaître via les réseaux sociaux, sur lesquels beaucoup d’influenceurs.euses ont déclaré être sorti.es de la salle en pleurant. Sans dire que je ne passerais pas un mauvais moment, je m’attendais surtout à avoir un long-métrage pouvant être lourd dans son écriture et sa mise en scène. Il n’en est rien, Comment devenir riche… se présentant comme une comédie dramatique tout ce qu’il y a de plus simple. Peut-être un peu trop par moment, le style très naturaliste du titre pouvant rendre sa durée (2h05) quelque peu longuette. Mais c’est cette simplicité qui permet au film de puiser tout sa force. Car plutôt que de créer d’innombrables intrigues ou situations, le réalisateur Pat Boonnitipat préfère se concentrer sur l’essentiel de son récit. À savoir le rapprochement entre ce petit-fils et sa grand-mère, que tout oppose et qui vont apprendre à se connaître, à s’aimer. Et en ne se concentrant que là-dessus, le cinéaste en tire un film très touchant tout en mettant en évidence certaines thématiques. Comme l’omniprésence de l’argent dans le cercle familial, la solitude des aînés ou encore la transmission entre les générations. Et tout cela, le titre parvient à le raconter avec une justesse désarmante qui met du baume au cœur, à l’image de son actrice principale, Usha Seamkhum. Un film que je recommande donc, ne serait-ce que pour la jolie parenthèse qu’il nous offre. Et même s’il met en lumière certains pans culturels et religieux qui nous sont, nous Occidentaux, inconnus, l’histoire est si universelle qu’elle ne pourra que vous toucher.