En 1953, juste après "Les Hommes préfèrent les blondes", ce film réalisé par Jean Negulesco vient cristalliser l'image de "material girl" de Marilyn Monroe ; "Diamonds are a girl's best fiend" sera d'ailleurs évoqué sous forme de réplique, certainement en clin d’œil. Puisqu'il est question ici de trois femmes habitant un même grand appartement au-dessus de leurs moyens à New-York et toutes pourchassent le même rêve ou plutôt le même homme : un millionnaire, n'importe lequel. Alors évidemment, là on est dans du matérialisme affiché mais le film est beaucoup moins cynique qu'il n'y parait ! En effet, le fond n'est d'ailleurs pas très intéressant, c'est davantage dans sa forme que le film séduit. Sorte de comédie romantique chorale, les trois femmes vont évidemment finir par comprendre que l'amour ne se commande pas et que l'argent ne fait pas le bonheur, même si elles passent leur temps à se balader dans des tenues particulièrement chic et élégantes. Eh oui, même si le film a un discours plutôt niais (mais malgré tout sympathique), on reste tout de même à Hollywood qui repose sur le paraitre et les personnages codifiés. D'ailleurs, parmi ces trois femmes, nous n'avons que des archétypes : Marilyn qui joue les "filles pas très malignes" avec sa petite voix fluette car cela ne plait pas trop aux hommes et qui plus est maladroite, Betty Grable, également en blonde un peu "fo-folle" et dont ce sera d'ailleurs le dernier succès cinématographique et puis Lauren Bacall, incarnant, comme à son habitude, davantage une élégance froide, un glamour plus raffiné. Alors certes, "Comment épouser un millionnaire" n'est pas le film le plus intéressant des trois actrices mais reste malgré tout sympathique, notamment avec cette touche glamour des 50's.