C'est toujours inspirant de voir de jeunes réalisateurs coucher leurs idées sur pellicule, même sans moyens, comme les frères Weaver qui ont assumé réalisation, scénario, montage, gestion de la photo, quelques VFX, et la production évidemment de ce Cosmos. Pour autant, si on peut se montrer conciliant face à leur débrouillardise, on ne peut fermer les yeux sur certains écueils. Tout d'abord, le film présente trois astronomes qui étudient les signaux radio de l'espace, jusqu'à capter une irrégularité qui s'avère liée au message Arecibo. La majorité des évènements a lieu dans l'habitacle d'une voiture, pendant 2h. Les Weaver auraient pu tronquer 30 bonnes minutes puisque le nerf du récit se tend au bout d'1h et, ensuite, il faut se contenter d'une vingtaine de minutes seulement consacrées à cette transmission cosmique. Pour combler, le scénario s'attarde sur la vie de ces trois hommes alors qu'on ne le connaît pas - peu intéressant, donc - et sur leurs arguments qui dévoilent leur esprit critique. Quelques péripéties dispensables surviennent également. Le cadrage est amateur, et l'image sous-exposée. Tout se passe de nuit, avec des gros plans sur les visages devant les écrans ; c'est peu engageant. On y décèle tout de même une aura d'excitation face à l'impossible, dans les pas de Contact ou du plus récent The Vast of Night. Et, comme pour ce dernier, un format plus court aurait été bien plus bénéfique.