Crash reste un film très à part dans l'histoire du cinéma de ces quarante dernières années. Il m'a autant dérangé qu'intrigué. Il y a des scènes tout à fait remarquables (avec ou sans érotisme) : la démonstration de l'accident de James Dean, la voiture passant dans le portique de lavage, le carambolage bien entendu. Les acteurs sont beaux, exceptionnels. La plastique et le visage féérique de Deborah Kara Unger poussent très haut le curseur de l'érotisme, un érotisme fort, torride, puissant. Le fétichisme pour les carrosseries abîmées, la fascination pour les blessés à l'intérieur des voitures accidentées sont en revanche malsains mais on ne parvient pas à ressentir le dégoût. Ce voyeurisme demeure si étrange. Elias Koteas, totalement déjanté, apporte tout son cynisme et sa cruauté. Le spectateur se sent à nouveau mal à l'aise lorsqu'il prend en photo les épisodes les plus tragiques du carambolage. Quant aux broches et aux cicatrices sur les jambes de Rosanna Arquette, la nausée peut nous rattraper. Pourtant on est toujours là, jusqu'au bout. Jusqu'au bout du fantasme, jusqu'au bout de la perversité humaine. Ce film est beau et laid à la fois. Ce film vous marque au fer rouge à tout jamais. Il aurait peut-être fallu que Cronenberg donne un sens à cette facétie humaine. Ce n'est pas du tout le cas. Il montre à l'état brut, un point c'est tout.
PH.Vender
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