Le film réunit 3 noms du cinéma fantastique : George Romero, spécialiste des morts-vivants, Stephen King qui écrivait là son premier scénario pour l'écran, et Tom Savini, maquilleur génial spécialisé dans les têtes coupées et mutilations variées. Rien que pour ces 3 là, le film vaut le coup d'être vu, il s'inspire des célèbres comics de terreur des années 50 (les fameux EC Comics) qui firent sensation auprès des ados américains par leur délire visuel de dessinateurs comme Graham Ingels, Frank Frazetta, Wallace Wood, Al Williamson ou Berni Wrightson. Mais le ton macabre, l'humour joyeusement morbide, la morale cynique de ces contes horrifiques et les meurtres bien sanglants ont fini par être interdits par les ligues de vertu indignées.
C'est donc un véritable hommage auquel se livrent Romero et King dont ces BD ont bercé leur enfance, on y retrouve un déploiement de frayeur réjouissant, et surtout cet humour noir et ce cynisme caractérisant chacune de ces 5 courtes histoires cauchemardesques qui distillent la terreur comme un parfum subtil mais qui restent cependant inégaux. Le prologue présente d'abord une jolie séquence animée, et chaque sketch est relié par une séquence animée dans le style des dessins de ces horror comics. Un mort vivant décime sa famille à l'occasion de la fête des pères ; une créature polaire oubliée dans une caisse de laboratoire, dévore ce qui se présente à elle ; l'appartement aseptisé d'un vieux maniaque misanthrope est infesté de cafards... ce sont les 3 meilleurs, les autres décrivant un fermier simple d'esprit (joué par Stephen King en personne) envahi par une matière végétale, puis le mari jaloux qui noie sa femme et son amant grâce à la marée sont un peu moins probants.
Ceci dit, l'ensemble que j'ai revu hier soir après plus de 30 ans (la dernière fois doit remonter aux VHS) même s'il accuse un peu de naïveté par endroits, est très plaisant, on y retrouve des peurs primitives : la peur de l'inconnu, la peur du noir, la peur de la mort, la peur de la saleté, la peur de l'animal etc... et ça permet d'y retrouver des acteurs que j'avais complètement oubliés ou qui n'étaient pas encore très connus comme Ed Harris (avec des cheveux) ou Ted Danson. Le reste du casting est composé de solides seconds rôles qui agrémentent chaque sketch : Leslie Nielsen, Hal Hoolbrook, Adrienne Barbeau, Fritz Weaver, E.G. Marshall etc... Bref, ce film est un parfait divertissement du samedi soir qui sent bon les années 80, on en sort pantelant et ravi.

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le 20 janv. 2018

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Ugly

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