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Plus proche d'une performance artistique que d'un pur objet expérimental Cristo du cinéaste mexicain Teo Hernandez se livre telle une inégale proposition de cinéma, assumant ses répétitions figuratives jusqu'à une certaine vacuité.
C'est donc l'image historique de Jésus de Nazareth qui sert de matière première au réalisateur pour son happening. Retraçant avec nébulosité le parcours de l'icône christique Teo Hernandez nous intrigue à défaut de nous captiver pleinement : jouant principalement sur les symboles et les motifs intrinsèques au fils de Dieu ( calices, visages barbus et chevelures hirsutes, voiles immaculés, croix sous toutes leurs formes...) il met en scène son film à la manière d'un décorum : cérémonieux, ce rituel filmique joue sur un système de redondance assez déconcertant, réitérant les mouvances de manière tour à tour étonnante et lénifiante.
Faisant fi de toute lisibilité narrative Cristo est d'une certaine manière à l'image de son Image : un objet iconique se nourrissant de ses innombrables textures, appelant forcément à développer l'imaginaire du spectateur et/ou à le conforter dans ses convictions culturelles. On discerne bien de temps à autre certains épisodes bibliques ( Judas Iscariote et ses deniers, l'évocation de la Cène...) mais les intentions de Teo Hernandez semblent se situer bien au-delà d'une scrupuleuse retranscription historique. Moins littéraire que véritable plasticien il joue du reste énormément sur l'atemporalité de la figure du Christ, alimentant son métrage d'anachronismes en tous genres. Un happening digne d'intérêts formels et cinématographiques, sans doutes parfois plombant et ennuyeux à force de redite mais fascinant pour qui souhaiterait découvrir le travail gigantesque de Teo Hernandez...
Créée
le 16 mai 2019
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