Trentième anniversaire du chef-d'œuvre de l'action Crying Freeman basé sur le manga culte du même nom écrit par Kazuo Koike et dessiné par Ryōichi Ikegami. Produit & distribué par le producteur Samuel Hadida via Metropolitan Filmexport en association avec August Entertainment & Yuzna Films de Brian Yuzna pour un budget de 9 millions de dollars. Réalisé et co-écrit par Christophe Gans (Le Pacte des loups, Retour à Silent Hill), lors de ses débuts solo à la réalisation, mettant en vedette l'acteur charismatique Mark Dacascos (Only the Strong : La Loi du plus fort, John Wick Parabellum) dans le rôle-titre de Yo Hinomura le potier / Freeman, un serviteur assassin d'élite endoctriné par une société secrète des triades chinoises (les fils du Dragon, les gardiens du peuple chinois) qui verse une larme pour chaque victime qu’il tue. Une adaptation qui faisait suite à six adaptations en dessins animés (OAV de 45 minutes) réalisées par Daisuke Nishio (Dragon Ball) en 1988 et un succès mondial qui se compte en millions de livres vendus dans le monde. Le sensible Dacascos récupère in extrémis le rôle de sa vie (Brandon Lee, ainsi que Jason Scott Lee initialement prévu pour le rôle), donne la réplique à sa future épouse Julie Condra, mariés depuis 1998, ils ont eu deux fils prénommés Makoalani & Kapono Dacascos, et une fille prénommée Noelani Dacascos. On retrouve le couple à l'écran pour Junior Pilot, The Driver & One night in Bangkok. Au casting d'action, le regretté Tchéky Karyo (L'Ours, Bonne Conduite), Byron Mann (Street Fighter, Skyscraper), Yōko Shimada (Shogun, La Proie), Masaya Katō (Aniki, mon frère, Shinjuku Incident), Rae Dawn Chong (La Guerre du feu, Darkside : Les Contes de la nuit noire), Mako (La Canonnière du Yang-Tsé, TMNT : Les Tortues Ninja) et Ivy Ng.
Mon nom est Yo.
A San Francisco, Emu O'Hara, jeune femme rongée par la culpabilité depuis la mort de ses parents, assiste impuissante au meurtre d'un gangster japonais. Aussi beau qu'impitoyable, le tueur verse une larme de regret après son crime et lui révèle son nom : Yo. En sa qualité de témoin, Emu est harcelée par la police et, notamment, par le lieutenant Netah, un officier corrompu qui travaille pour le chef d'une mafia japonaise, Shimazaki, père de l'homme assassiné. Devant le palais de justice, celui-ci est abattu par Yo, connu sous le nom de Crying Freeman, tueur réputé invincible à la solde de la mafia chinoise. Emu refuse de témoigner contre lui...
Tu es le Freeman !
Après la réalisation novice du segment The Drowned du film à sketches d'horreur Necronomicon avec les réalisateurs Brian Yuzna & Shusuke Kaneko, voici le premier film de Gans qui impose une étonnante maîtrise du cadre conjuguée à divers courants culturels et graphiques en se réappropriant les différentes figures de styles du cinéma de Hong-Kong ou japonais. Surtout du maître John Woo et pas seulement dans les gun-fights d’anthologie, allant jusqu'à emprunter son monteur David Wu. Sur un début de narration d'une histoire simpliste de triade du Dragon face au clan Yakuza Hakushin, au rythme unique, conté nonchalamment en voix-off par le personnage d'Emu (Deborah Kara Unger double Condra en VO). Crying Freeman devient cependant fascinant par sa mise en scène époustouflante, calculée avec l'idée de faire de chaque plan quelque chose de magnifique et représentatif des planches du manga, dont la musique bouleversante du compositeur Patrick O'Hearn sublime le tout. Les séquences nous dictent les états d'âme des personnages principaux, même si l'inspecteur Forge / Chong ne fait que guider Emu pour que cela ne soit trop invraisemblable à l'écran. Mann, Katō & Mako sont parfaits en gangsters de soutien, Karyo (doublé par Ron Perlman en VO) quant à lui campe l'inspecteur Netah, un ripou d'Interpol qui se laisse entraîner vers le crime et le sexe notamment dans une penderie japonaise avec la séduisante et mortelle Lady Hanada interprétée par la sublime Shimada. L'élégance et la vivacité des scènes d'action et de combats imposent la beauté physique tout en gestuelle du samouraï Dacascos en tueur amoureux et pleurnichard qui escorte la mort.
Embrasse Satan pour moi !