Cube2: Hypercube (2002) n'a malheureusement pas vraiment compris son culte prédécesseur. Ce n'est donc pas surprenant d'apprendre qu'aucun des créateurs de Cube (1997) n'a rempilé pour cette suite, réalisée par Andrej Sekula, un directeur de la photographie ayant notamment officié sur les premiers Tarantino. L'entreprise était d'autant plus douteuse que Cube fonctionne sur un mystère (le cube éponyme), et que toute tentative d'apporter des explications ou d'étendre l'univers risque de dénaturer l'aura du premier film et de ne jamais être à la hauteur de l'imagination des spectateurs.
Un peu comme si on cherchait à faire l'origine story de Dark Vador, en somme.
L'idée même de l'hypercube était pourtant enthousiasmante, en allant un cran plus loin dans la désorientation. Malheureusement, et c'est la première faille du film, ce dernier ne sait pas quoi faire de cette idée. La quatrième dimension est-elle spatiale, temporelle, ou bien la porte entre des réalités alternatives ? Un peu de tout en même temps, c'est un joyeux bordel. À l'inverse, la logique du cube original était complexe, mais très cohérente. Je doute qu'un mathématicien ait été consultant sur Hypercube.
Autre point sur lequel Hypercube essaye, mais se mélange les pinceaux : la réalisation. Elle est clairement plus osée que dans le premier film, avec entre autres une séquence d'ouverture surréaliste qui n'est pas sans rappeler Un Chien Andalou (1929) de Buñuel. Dans l'idée, marier le surréalisme aux timelines alternatives est intéressante. Mais en pratique les essais de Sekula m'apparaissent juste comme des effets de style sans substance, quand ils ne sont pas tout simplement ratés.
Pour le reste, Hypercube est systématiquement et clairement inférieur à Cube. Les décors ? On troque les couleurs et la vibe esotérique pour une association épurée blanc/métal d'Apple Store de contrefaçon. La réflexion philosophique ? Envolée (ah non pardon, la vieille folle dit à un moment qu'ils sont peut-être en enfer, donc ça passe). Les effets spéciaux ? Omniprésents et moisis. Les personnages ? Ils avaient tous une fonction précise dans le premier volet, ici la plupart font du remplissage.
Et je ne crois absolument pas à la grande révélation, qui ne sert à rien au passage, que Sasha est Alex Trusk. Ça n'a aucun sens.
Bref, malgré un concept de base intriguant et une réalisation ambitieuse, Hypercube se plante sur toute la ligne.